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Sécurité routière

Hausse du nombre d’amendes remises aux cyclistes: des opérations ciblées, selon des organismes

Zacharie Goudreault | Agence QMI

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GEN-Un cycliste sur la voie Camillien-Houde

Zacharie Goudreault / Agence QMI

Des organismes pointent du doigt des opérations policières ciblées pour expliquer la hausse du nombre de constats d’infraction remis aux cyclistes depuis 2014 à Montréal.

L’an dernier, 12 644 constats d’infraction ont été remis à des cyclistes montréalais, une augmentation de 7,3 % par rapport à l’année précédente. De 2014 à 2017, le nombre d’amendes remises à des cyclistes dans la métropole a augmenté de 42 %, selon des données fournies par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

«Tout ce qu’on peut en conclure, c’est qu’il y a plus d’opérations policières visant les cyclistes. [...] Ça ne témoigne pas de comportements plus dangereux», a soutenu la présidente-directrice générale de Vélo Québec, Suzanne Lareau.

Cette dernière se dit favorable aux opérations policières qui visent à contrer «les comportements dangereux», comme les cyclistes qui brûlent des feux rouges ou circulent à contresens sur une artère majeure.

«Mais je suis contre les policiers qui se stationnent au coin d’une rue pour donner des tickets à des cyclistes qui n’ont pas leurs six réflecteurs. Ça, c’est de l’abus», a-t-elle lancé.

Même son de cloche du côté de la porte-parole de Vélo Fantôme Montréal. «Ça va arriver que des policiers vont se mettre à des places faciles, où il y a un “stop” au beau milieu de nulle part. Ça donne l’impression d’être des trappes à tickets», a jugé Gabrielle Anctil.

Le porte-parole de la Coalition vélo de Montréal, Daniel Lambert, a quant à lui affirmé que l’augmentation du nombre de cyclistes dans les dernières années n’a pas été suffisante «pour justifier une telle hausse du nombre de contraventions».

Pas plus d’opérations policières

Le SPVM réfute les allégations de Vélo Québec. «Il n’y a pas eu plus d’opérations visant les cyclistes», a affirmé le sergent Jean-Bruno Latour.

Pas moins de 75 % des collisions impliquant des cyclistes ont lieu aux intersections ou à quelques mètres de celles-ci.

«Pour moi, l’important, c’est de sauver des vies et qu’il y ait le mois de blessés graves possible. Et parmi les moyens qu’on a de faire de la prévention, il y a l’émission de constats parfois», a souligné M. Latour.

En 2017, quatre collisions mortelles impliquant des cyclistes ont eu lieu à Montréal, soit le double de l’année précédente, tandis que 32 cyclistes ont été blessés gravement.

Nombre de constats d’infraction remis à des cyclistes à Montréal

2017: 12 664 (+7,3% par rapport à 2016)

2016: 11 785 (+26% par rapport à 2015)

2015: 9326 (+4,9% par rapport à 2014)

2014: 8890 (-29% par rapport à 2013)

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