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Cookshire-Eaton

Une ancienne caissière de la BMO aurait fraudé plusieurs proches

Jean-François Desbiens | TVA Nouvelles

Près d’une centaine de prêteurs ont réalisé jeudi qu'ils ne recevraient aucun sou de Lucie Chapdelaine-Talbot, une ancienne employée de la BMO de Cookshire-Eaton qui leur aurait emprunté frauduleusement d’importantes sommes d’argent.

La dame de 66 ans brillait par son absence à l'assemblée de ses créanciers, jeudi, mais collabore entièrement à l'enquête policière, assure son avocat, Me Patrick Fréchette.

Jusqu'à son congédiement il y a cinq mois, la dame était à l'emploi de la succursale de la Banque de Montréal de Cookshire-Eaton.

Les agissements frauduleux qu'on lui reproche n'auraient toutefois aucun lien avec ses fonctions de caissière à l'institution bancaire.

Depuis une quinzaine d'années, elle aurait emprunté d'importantes sommes d'argent à de nombreuses personnes en leur promettant des rendements intéressants, selon le syndic de faillite, Pierre Guay. Une version corroborée par de nombreuses de ses présumées victimes.

«Elle m'a demandé 5 000 $ et me promettait des intérêts de 10 %; comme je la connaissais bien, avec mon grand cœur, j'ai accepté de la dépanner», dit Chantale Rouleau.

«Elle me disait avoir passé au feu et que sa petite fille avait été brûlée et que des travaux de rénovation étaient urgents; elle me semblait sincère et je l'ai cru. Elle m'a pris par les sentiments» a mentionné un autre homme à TVA Nouvelles.

Jean Toulouse lui a prêté 5 000 $ avec promesse de remboursement d'intérêts de 10 %. Comme il la connaissait bien, elle et toute sa famille, depuis 40 ans, il la croyait honnête.

Ce qu'il y a de plus surprenant, c'est que son conjoint, contraint lui aussi à la faillite, ignorait tout de ces agissements.

«J'ai appris cela en décembre. Un ami est venu chez nous en demandant que Lucie le rembourse. Personne ne m'en avait glissé mot jusque-là. Il paraîtrait qu'elle faisait promettre aux personnes à qui elle empruntait de l'argent de ne pas me le dire», explique Pierre Chapdelaine.

Des personnes flouées ont mandaté un avocat pour étudier la possibilité d'intenter une action en responsabilité contre la banque parce que plusieurs transactions auraient été effectuées sur les lieux de son travail.