/news/law

Ado abattu par un policier de la SQ

Elle veut savoir pourquoi son fils est mort

Simon-Pier Ouellet | Agence QMI

La famille d’un adolescent de 17 ans abattu par un policier de la SQ en 2015 espère que la vérité sera finalement dévoilée lors de l'enquête publique du coroner.

« On veut surtout éviter que d'autres jeunes perdent la vie comme lui. Personne ne peut décider du sort d'un autre être humain dans des circonstances comme ça. Il aurait dû être jugé et non abattu », a dit la mère de Brandon Maurice, Dominique Bernier, devant les journalistes.

L’enquête publique présidée par le coroner Luc Malouin s’est amorcée lundi au palais de justice de Gatineau.

L’adolescent de 17 ans a été atteint d’un coup de feu mortel au terme d’une poursuite policière dans la nuit du 16 novembre 2015 à Messines près de Maniwaki.

D’entrée de jeu, le coroner a admis qu’il avait lui-même décidé de mener cette enquête afin que la famille puisse obtenir des réponses.

« On n’aura peut-être pas les réponses qu’on veut, mais au moins on aura des réponses. C’est pour Brandon aujourd’hui qu’on fait cette enquête », a-t-il déclaré.

Le passager témoigne

Celui qui accompagnait la victime dans la voiture, Christopher Houle, a raconté que les deux jeunes hommes revenaient à la maison lorsque les policiers ont tenté de les intercepter.

Comme Brandon Maurice n’avait pas de permis de conduire valide, il ne s’est pas arrêté et a fui les policiers à une vitesse atteignant 160 km/h par moment.

La poursuite s'est arrêtée dans un boisé. En tentant de reculer pour éviter des débris au sol, la voiture a heurté l’auto-patrouille de la SQ.

Un policier aurait ensuite fracassé la vitre latérale de la voiture et aurait agrippé l'adolescent.

« Il lui a dit trois fois : arrête, sinon je tire. Brandon essayait de le pousser avec son corps, mais il n’y a pas eu de coup physique. Le policier n’a jamais essayé d’arrêter la voiture », a détaillé Christopher Houle.

La voiture aurait continué d’avancer très lentement, puis le policier a ouvert le feu.

Aucune accusation

À la suite d'une enquête indépendante menée par la police de Montréal, aucune accusation criminelle n'a été déposée contre le policier Frédérick Fortier.

Deux policiers du SPVM qui ont mené cette enquête ont aussi témoigné lundi.

Les deux agents de la SQ impliqués dans cette affaire, Frédérick Fortier et Dave Constantin, témoigneront mardi. Les policiers assistent aux audiences par vidéoconférence.

- Avec la collaboration de TVA Gatineau