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Trois-Pistoles

Des aînés vulnérables obligés de déménager par manque de personnel

Jasmin Dumas | TVA Nouvelles

À Trois-Pistoles, 11 personnes âgées et leur famille ont appris une mauvaise nouvelle cette semaine. La Villa des Basques a décidé de fermer sa ressource intermédiaire, évoquant comme principal motif un manque de personnel. Les aînés devront être relocalisés, certains loin de Trois-Pistoles.

«Les personnes âgées ont besoin de leur famille, ont besoin d’être entourées. C’est la seule chose qu’il leur reste finalement. Je trouve ça triste, je trouve ça très triste», évoque Marie-Josée Tardif, la fille d’une bénéficiaire.

Marie-Josée Tardif travaille à deux pas de la Villa des Basques, là où demeure sa mère. Âgée de 82 ans et atteinte d’Alzheimer, la dame devra déménager à Rivière-du-Loup ou Saint-Cyprien. «Je ne pourrai pas y aller tous les jours. Je ne trouve pas ça facile», exprime Mme Tardif.

Le territoire des Basques compte une seule autre ressource intermédiaire et elle est actuellement complètement occupée. «On les isole encore davantage, alors c’est inacceptable, dénonce le président de l’Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées au Bas-Saint-Laurent, Réné Bélanger. Nous à l’AQDR on pense que c’est inacceptable.»

Le préfet de la MRC des Basques, Bertin Denis, est aussi déçu: «Le gouvernement du Québec a calculé en comptable dans les trois ou quatre dernières années. Le CISSS a été obligé de calculer en comptable parce que c’est les ordres qu’il a. Nous ici on est proche, ce sont nos citoyens émérites, ce sont les gens qui ont construit notre société.»

Un appel d’offres de 15 places en ressource intermédiaire, lancé par le CISSS du Bas-Saint-Laurent, s’est terminé hier. Aucune soumission acceptable n’a été reçue confirme Gino Beaudoin, directeur de la qualité, évaluation, performance et éthique au CISSS du Bas-Saint-Laurent: «Est-ce qu’on va prolonger l’appel d’offres, est-ce qu’on va modifier des critères, est-ce qu’on va élargir le territoire? On va regarder dans les prochains jours ce qu’on peut faire. Notre objectif c’est d’offrir un milieu de proximité pour ces gens-là.»

Marie-Josée Tardif se pose de sérieuses questions: «Je ne peux pas croire qu’il n’y a pas quelqu’un un moment donné qui va comprendre; on a besoin de ces ressources-là à Trois-Pistoles. On ne peut pas envoyer toutes nos personnes âgées ailleurs.»

Précisons que cette situation n’a aucun lien avec l’inspection en cours à la Villa des Basques, qui vise la section résidence privée.

Les aînés de la résidence intermédiaire devront être relocalisés au plus tard le 30 avril.

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