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Témoignage devant les sénateurs

Les données personnelles de Mark Zuckerberg subtilisées par Cambridge Analytica

TVA Nouvelles et AFP

Le profil Facebook personnel de Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, a également été ciblé par la firme politique Cambridge Analytica.

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Savoir en un seul clic si Cambridge Analytica a subtilisé vos informations

Zuckerberg qui témoigne devant les sénateurs américains a indiqué mercredi matin que ses données avaient également été subtilisées.

Le fondateur de Facebook répondait à une série de questions fermées, posées par la représentante Anna Eschoo.

«Vos données ont-elles été incluses dans les données vendues à des tiers malveillants?», a demandé Mme Eschoo. «Vos données personnelles?»

«Oui», a simplement répondit Zuckerberg.

Il n’a pas été révélé si le PDG avait installé lui-même l’application malveillante «This is your digital life», ou si ses données ont été collectées par l’un de ses amis.

Il a également réaffirmé qu'il n'était pas hostile à une régulation de l'internet et des réseaux sociaux mais qu'il fallait s'assurer que celle-ci ne nuise pas aux petites entreprises du secteur.

«L'importance de l'internet grandit dans le monde et je pense inévitable une certaine forme de régulation», a indiqué M. Zuckerberg au deuxième jour d'auditions au Congrès sur l'affaire de l'utilisation des données des membres de Facebook.

«Je ne pense pas qu'il n'y ait pas besoin de régulation mais il faut faire attention en la mettant en place», a-t-il souligné.

«Souvent les régulations appliquées font qu'une entreprise disposant de ressources telles que les nôtres peut les respecter mais pour des entreprises plus petites cela peut être plus difficile de le faire. Ce genre de choses doivent être considérées avec attention lorsqu'on parle des règles qui devraient être mises en place», a ajouté le PDG du réseau social.

Questionné 5 heures mardi

Zuckerberg a déjà passé cinq heures devant les sénateurs mardi, ne cédant rien sur le fond, mais laissant certaines interrogations sans réponses.

Lors de sa première apparition très attendue, le jeune dirigeant a fait face aux nombreuses questions des sénateurs qui lui ont demandé des comptes sur sa gestion des mauvais usages de la plateforme, de la protection des données jusqu'à la manipulation politique.

Il a de nouveau présenté ses excuses personnelles pour ne pas avoir compris à temps à quel point Facebook pouvait être détourné de bien des façons. «C'était mon erreur. Je suis désolé».

Avertissements aux utilisateurs

Facebook a commencé lundi à informer ses utilisateurs dont les données ont pu tomber, sans qu'ils le sachent, entre les mains de Cambridge Analytica, via une application de tests psychologiques, téléchargée sur Facebook par environ 300 000 personnes.

À l'époque, en 2013, le système permettait à ces applications extérieures d'accéder au profil de ceux qui l'avaient téléchargée, mais aussi à ceux de leurs amis, une possibilité supprimée depuis qui explique le nombre très important de membres potentiellement concernés.

Le réseau fait l'objet d'enquêtes et de plaintes tous azimuts des deux côtés de l'Atlantique depuis l'éclatement mi-mars du scandale.

Depuis le choc, les répliques n'en finissent pas et Facebook a déjà suspendu deux autres firmes d'analyses de données qui auraient selon la presse récupéré des données pour en faire un usage commercial ou politique sans que les utilisateurs en soient informés.

Le réseau social avait promis de vérifier l'identité des personnes ou organisations passant des annonces publicitaires électorales ou gérant certaines pages abordant des sujets polémiques.

Facebook a aussi annoncé lundi collaborer avec des chercheurs indépendants pour une étude sur son influence dans les élections et la démocratie.

Jusqu'ici, Facebook affirme n'avoir vu qu'un impact financier infime du scandale Cambrige Analytica malgré un mouvement appelant les utilisateurs à quitter le réseau social et les inquiétudes d'annonceurs publicitaires. Son action a toutefois chuté de près de 15% à Wall Street depuis la révélation de l'affaire.

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