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Secteur manufacturier

Pénurie de soudeurs au Saguenay-Lac-Saint-Jean

Jean Houle | TVA Nouvelles et Agence QMI

 - Agence QMI

Les entreprises manufacturières du Saguenay-Lac-Saint-Jean partagent le même problème: elles font face à une pénurie importante de soudeurs.

Les jeunes semblent moins intéressés par la profession, à tel point que les entreprises craignent éventuellement de ne plus être en mesure d'honorer leurs commandes.

Le journaliste Jean Houle de TVA Nouvelles s'est glissé dans la peau d'un apprenti soudeur dans l'atelier des Industries Canmec, de l’arrondissement de Chicoutimi, à Saguenay. Cette entreprise vient de décrocher des contrats d’une valeur de 30 millions $ en Ontario. Elle aurait besoin d'une dizaine de soudeurs supplémentaires.

«Il faut savoir respecter la distance, avoir le bon angle», lance l'ingénieur en soudage Sylvain Pedneault à l'intention du journaliste.

Comme toutes les entreprises de son domaine, Canmec constate un roulement dans son personnel. Le salaire d'entrée de 16 $ ou 17 $ l’heure, et des contrats plus difficiles à obtenir pour une usine représentent un alliage qui décourage souvent la relève. Physiquement, la tâche est parfois exigeante.

«Après deux ou trois ans, même s'ils sont bons, ils veulent aller travailler en haute pression, sur des chantiers, ou devenir inspecteurs», explique l'ingénieur.

«Les contrats ne sont pas toujours au rendez-vous», dit Bernard Morin, à l'emploi de Canmec depuis 15 ans.

«C'est parfois difficile de persévérer», ajoute-t-il.

«Moi, j'aime la fierté de voir une bâtisse et de me dire que j'ai travaillé là-dessus», dit Alexandre Renaud, un jeune soudeur de chez Alma Soudure.

Au fil des prochaines années, la pénurie de soudeurs risque de s'accentuer. Les entreprises commencent à lorgner la main-d'oeuvre étrangère.

Pour compenser le manque de main-d'œuvre, Alma Soudure investit dans la robotisation. C’est plus rapide et plus précis, bien que le soudeur humain ait toujours sa place.

En attendant, avant de recourir aux travailleurs immigrés, les entreprises du Saguenay-Lac-Saint-Jean préfèrent s'entraider.

«On essaie de voir si pendant que c'est tranquille chez nous, nos employés ne pourraient pas aller aider une autre entreprise, et ainsi de suite», dit la directrice des ressources humaines chez Canmec, Karyne Robillard.

Parce que si le manque de main-d'œuvre perdure, des contrats comme ceux que Canmec a obtenus en Ontario ne seront plus accessibles.

«C'est clair que si d'autres contrats devaient survenir, on pourrait avoir de la difficulté», précise Mme Robillard.

«Ça s'en venait bien. Ici, c'était bon...», analyse Sylvain Pedneault, en révisant le travail du journaliste-apprenti soudeur.

Quelqu'un de méticuleux et qui aime le travail de précision peut décrocher un emploi.

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