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Outaouais

Un policier qui a abattu un ado en 2015 explique son geste

Simon-Pier Ouellet | Agence QMI

SIMON-PIER OUELLET

Le policier de la SQ qui a abattu un adolescent de 17 ans en 2015 en Outaouais a craint pour sa vie avant d'ouvrir le feu.

Le policier Frédérick Fortier a abattu Brandon Maurice le 16 novembre 2015 à Messines en Outaouais après une poursuite policière qui s’est terminée dans un boisé. Le policier a fracassé la vitre du véhicule pour arrêter l’adolescent. Celui-ci a cependant fait avancer la voiture, si bien que le policier a donc décidé d'embarquer à moitié dans le véhicule en s'agrippant au volant pour se retrouver face à face avec l’adolescent.

Celui qui est policier depuis 2004 dit avoir subi de graves douleurs alors qu'il était traîné par la voiture conduite par l’adolescent.

«Mes jambes étaient en ciseau et frappaient les arbres. Ça faisait vraiment mal», a-t-il relaté.

«C’était lui ou moi. Dans ma tête, c’était clair que j’allais mourir ce soir-là», a dit l’agent Frédérick Fortier.

Après avoir demandé à trois reprises à l’adolescent d’arrêter la voiture, il a ouvert le feu.

Le policier a subi une déchirure du ligament croisé antérieur au genou droit et a suivi des traitements de physiothérapie pendant un an et demi.

La famille de Brandon Maurice a entendu pour la première fois mercredi le policier raconter sa version des faits dans le cadre de l'enquête publique du coroner qui se déroule au palais de justice de Gatineau.

Contradictions

Le fait que le policier Fortier explique que la voiture roulait très vite est en contradiction avec le témoignage du passager, Christopher Houle.

Celui qui accompagnait Brandon Maurice dans la voiture a affirmé plus tôt cette semaine que la voiture roulait lentement et que le policier aurait pu marcher à côté du véhicule selon lui.

La mère de Brandon Maurice n'a pas été impressionnée des explications de l’agent.

«Je ne le sens pas très honnête. Ils sont tellement bien préparés et connaissent les limites jusqu’où ils peuvent aller», a dit Dominique Bernier.

Plaque factice

Les policiers avaient tenté d’immobiliser la voiture conduite par Brandon Maurice pour une vérification de routine.

En enquêtant la plaque d’immatriculation, les agents ont remarqué qu’elle était factice.

Christopher Houle avait installé la plaque d'immatriculation de son ancien véhicule sur cette voiture.

Ne sachant pas à qui ils avaient affaire, les policiers ont décidé de ne pas abandonner la poursuite.

La mère de Brandon Maurice a l'intention de s'adresser directement au policier qui a abattu son fils jeudi matin.

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