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Étude scientifique

Encore trop de bélugas nouveau-nés sont morts en 2017

Stéphanie Gendron | Agence QMI

GRACIEUSETÉ/RÉJEAN CÔTÉ

Des 22 carcasses de bélugas retrouvées en 2017 sur les rives du Saint-Laurent, au moins huit, peut-être même 10 étaient des nouveau-nés probablement séparés de leur mère après avoir été mis au monde, ce qui continue d’inquiéter les scientifiques.

Avant 2008, on retrouvait très peu de carcasses de très jeunes bélugas. Les spécialistes ont sonné l’alarme en 2012 et ne constatent pas d’améliorations lors de la dernière saison.

Les jeunes bélugas du St-Laurent ne meurent pas d’une maladie, mais surtout de déshydratation parce que leur mère ne les aurait pas nourris.

«Dans la grande majorité des cas, le jeune meurt d’avoir été séparé de sa mère. La mère aurait été malade ou bien meurt en même temps (de la mise bas)», dit Robert Michaud, directeur scientifique au Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM) au sujet des nécropsies qui ont pu être réalisées par le Dr Stéphane Lair.

L’équipe de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal s’apprête à faire la nécropsie d’un béluga mâle adulte la saison dernière.

Il resterait actuellement un peu moins de 1000 bélugas dans le fleuve St-Laurent. Le déclin de la population a commencé au début des années 2000, avant même le début des épisodes de mortalités des nouveau-nés.

«Chaque année, on se croise les doigts. On ne jette pas l’éponge, la population n’est pas condamnée à disparaître et personne ne pense ça. Ça vaut la peine de travailler», dit Robert Michaud.

Contaminants, bruit et nourriture

Quelques hypothèses sont étudiées pour expliquer ce qui arrive aux bélugas. Une nouvelle famille de contaminants, des produits chimiques utilisés comme retardateurs de flammes, pourrait perturber les activités hormonales des femelles, ce qui leur causerait des problèmes lors de la mise bas.

On étudie toujours l’impact du bruit sur la santé du mammifère marin. On pense aussi que les femelles seraient en moins bonnes conditions à cause de la disponibilité de leur nourriture.

«On a fouillé beaucoup dans les ressources du St-Laurent, certains stocks de poissons ont décliné de façon abrupte dans les années 1990 et 2000. Est-ce que ça se peut que les femelles n’ont pas accès à la nourriture dont elles ont besoin?», se questionne M. Michaud.

Quelques mesures saluées par les spécialistes ont été mises en place, dont l’identification de l’habitat essentiel du béluga et l’interdiction de certains types d’embarcation, comme la motomarine, et la réduction de vitesse dans des secteurs plus sensibles.

La première carcasse de béluga de l’année 2018 trouvée le 26 mars à Coin-du-Banc en Gaspésie. La carcasse étant en étant de décomposition avancée.

Autre carcasse

Par ailleurs, la première carcasse de béluga de l’année 2018 a été signalée le 26 mars à Coin-du-Banc en Gaspésie. Le béluga adulte était en état de décomposition avancée, comme c’est le cas lorsqu’une carcasse est trouvée après la fonte des glaces.

Carcasses de bélugas retrouvées sur les rives du Saint-Laurent

2012: Total: 28 Nouveau-nés: 16

2013: Total: 17 Nouveau-nés: 5

2014: Total: 11 Nouveau-nés: 6

2015: Total: 14 Nouveau-nés: 6

2016: Total: 16 Nouveau-nés: 6

2017: Total: 22 Nouveau-nés: 8

* Source: GREMM

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