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Multiples restructurations

Une travailleuse sociale à bout de souffle démissionne à Saguenay

Simon Gamache-Fortin

 - TVA Nouvelles

Une autre professionnelle de la santé sonne l'alarme sur l'état du réseau au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Ariane Rousseau-Dupont, une travailleuse sociale qui oeuvrait au CLSC de Jonquière, situé à Saguenay, a remis sa démission lundi. Selon elle, les nombreuses restructurations des dernières années ne lui permettaient plus de faire son travail correctement.

Ce n'est pas parce qu'elle n'avait plus la flamme pour son métier que la femme de Saguenay a décidé de quitter le réseau public. La travailleuse sociale a mûrement réfléchi à son avenir avant de prendre la décision de quitter son poste au CLSC de Jonquière.

Selon elle, les multiples restructurations et la mutation des équipes font très mal sur le terrain.

«Je me suis dit, comment va-t-on faire pour répondre aux besoins des populations si on n'a plus les ressources humaines et matérielles? C’est impossible», a dit Mme Rousseau-Dupont, en entrevue avec TVA Nouvelles.

En raison des coupes, la travailleuse sociale estime qu’il devient difficile de respecter certaines normes professionnelles. Il reste de moins en moins de temps, parfois, pour bien faire les évaluations du fonctionnement social des patients.

«Le temps qu’il me reste pour [m'acquitter de] mes obligations professionnelles est limité. Est-ce que je [réponds aux] exigences de mon ordre professionnel? Oui, mais au prix cher, parce que je vais faire des heures supplémentaires que je ne vais pas réclamer, parce que je ne serai pas payé pour ça», a-t-elle raconté.

La femme de Saguenay a décidé de parler publiquement afin que la population prenne conscience des conséquences réelles des réformes du ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

Pas un cas unique

Pour le syndicat, le cas de cette travailleuse sociale n'est pas unique dans la région. La centralisation et les mouvements de personnel ont des effets majeurs sur les travailleurs.

«Il est clair que les techniciens, autant que les professionnels, six personnes sur dix nous disaient qu’ils vivaient une détresse psychologique et nous ont affirmé qu’ils avaient un fardeau au niveau de leurs tâches. Ils affirmaient qu’ils étaient en surcharge de travail et ne voyaient pas la lumière au bout du tunnel. Alors, c’est très inquiétant», a expliqué Sylvain Sirois, répondant politique de l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Le syndicat a d’ailleurs lancé la campagne «Allô, y’a quelqu’un?» il y a quelques semaines, afin de dénoncer le «manque d’effectifs et la surcharge de travail» qui portent atteinte à leurs conditions de pratique.