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Destination Emploi

Il a quitté la rue à coup de petits boulots

Sarah Daoust-Braun | Agence QMI

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Après avoir passé deux ans dans la rue, Daniel O'Keefe s'en est sorti en occupant plusieurs petits boulots grâce à la plateforme de réinsertion professionnelle Destination Emploi. Il loue actuellement un studio à l’Accueil Bonneau, le temps d’économiser son argent pour déménager l’année prochaine avec son fils dans un appartement dans Rosemont, là où il a grandi.

SARAH DAOUST-BRAUN/24 HEURES/AGENCE QMI

Après avoir passé deux ans dans la rue, Daniel O'Keefe s'en est sorti en occupant plusieurs petits boulots grâce à la plateforme de réinsertion professionnelle Destination Emploi. Il loue actuellement un studio à l’Accueil Bonneau, le temps d’économiser son argent pour déménager l’année prochaine avec son fils dans un appartement dans Rosemont, là où il a grandi.

Après avoir passé deux ans dans la rue, un Montréalais a réussi à s’en sortir à coup de petites « jobines » et se dit maintenant prêt à refaire sa vie.

Daniel O’Keefe est très fier du chemin qu’il a parcouru depuis deux ans, grâce à Destination Emploi. La plateforme en ligne de réinsertion professionnelle déploiera dès lundi 10 bornes interactives dans des organismes, comme la Maison du Père et Cactus Montréal, pour inciter davantage de personnes vulnérables à déposer leur candidature, et d'entreprises à soumettre des offres d'emploi.

« Ce sont des emplois qui leur sont réservés par les employeurs. Ils n'ont pas besoin d’aller sur des sites comme Jobboom avec des candidats qui ont eu moins de problèmes. Ça leur permet de ne pas avoir peur du regard de l’autre », a expliqué le directeur général de la Société de développement social Émile Roux, derrière Destination Emploi.

Grâce à cette initiative, Daniel O'Keefe a occupé plusieurs postes saisonniers, entre autres comme brigadier à la propreté sur la rue Masson et monteur de kiosques lors des célébrations du 375e anniversaire de Montréal.

« Ça me faisait du bien, ça me sortait de l’aide sociale. Le moral et l’estime de soi revenaient peu à peu », a-t-il raconté, se sentant accueilli dans des milieux positifs et valorisants.

Aujourd’hui, l'homme de 48 ans travaille en entretien ménager pour l’entreprise Alphanet, son premier emploi qu’il a trouvé par lui-même hors des réseaux de réinsertion.

« Il est vraiment motivé. J’ai été très impressionné par sa résilience. Il a fait ses emplois jusqu’au bout et ne les a pas abandonnés en cours de route », a souligné Émile Roux.

Une période difficile

Avant d’en arriver là, Daniel O’Keefe – qui insiste pour dire qu’il a un gars « ben normal » — a traversé une période sombre qui l’a poussée il y a quatre ans vers l’itinérance.

Le Montréalais a divorcé de sa femme, avec qui il était marié depuis huit ans, et a perdu sa mère à la même époque, ce qui l’a mené vers la dépression.

« Je travaillais comme cuisiner à Holt Renfrew. J’étais bon, j’avais une belle voiture, un bel appartement avec ma femme. Du jour au lendemain, tout a pété. Je suis allé dormir dans des hôtels, j’ai "loadé" mes cartes de crédit », s’est remémoré le cuisinier de formation.

Ce dernier a commencé à fréquenter l’Accueil Bonneau, où il a été mis en contact avec le programme Destination Emploi.

« Des fois je me levais à 4 h du matin dans les centres d’accueil et je me disais que j’allais être heureux et me trouver un job, que j’allais faire des efforts », a ajouté Daniel O’Keefe.

Sa plus importante source de motivation reste son fils de 10 ans, qui lui donne de l’énergie et qu’il ne peut pas laisser tomber.

À la recherche d’un logement

Aujourd’hui, Daniel O’Keefe se dit heureux et regarde avec entrain vers l’avenir. Il loue un studio à l’Accueil Bonneau, où il est aussi concierge et surveillant, le temps d’économiser son argent pour déménager l’année prochaine dans un appartement dans Rosemont, là où il a grandi.

Il espère que d’autres personnes vulnérables pourront s’en sortir grâce à Destination Emploi, qui a aidé 500 personnes qui se sont partagé environ 600 000 $ de salaires, depuis son lancement en 2016.

« Des personnes comme Daniel, c’est près de 3 % des Montréalais. C’est énorme », a indiqué Émile Roux. Selon lui, la métropole compte plus de 50 000 personnes bénéficiaires de l’aide sociale sans contrainte à l’emploi.

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