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Jurés identifiés grâce à Facebook

La ministre Vallée «extrêmement préoccupée» par la situation

Agence QMI

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La ministre de la Justice du Québec Stéphanie Vallée est «extrêmement préoccupée» qu’il soit possible d’identifier les membres d'un jury grâce à Facebook et ordonne une vérification interne pour tenter de faire la lumière.

«Nous avons ce matin enclenché une vérification à l’interne et auprès des intervenants judiciaires», a précisé l’attachée de presse de la ministre, dans une déclaration laconique.

Le Barreau du Québec a notamment été contacté par le cabinet de la ministre, comme l’événement soulève des questions d’ordre déontologique.

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Des avocats identifient des jurés grâce à Facebook

Notre Bureau d’enquête révélait lundi matin qu’il est possible d’identifier les membres d’un jury grâce au réseau social Facebook.

En effet, lorsque des personnes fréquentent le même endroit, comme un palais de justice, pendant plusieurs jours de suite, Facebook propose à l’utilisateur de devenir amis avec eux. Il est alors possible de les identifier grâce à leur photo de profil, par exemple.

Notre Bureau d’enquête révélait que ces informations étaient utilisées par certains avocats de la défense, qui peuvent exploiter des informations sensibles afin d’obtenir une issue favorable pour leur client.

Confiance envers la justice

La porte-parole du PQ en matière de Justice, Véronique Hivon, croit que cette situation est «extrêmement grave» puisque les citoyens «doivent pouvoir faire confiance en leur système de justice».

«Il y a des enjeux déontologiques qui sont en cause au premier chef et, donc, le Barreau du Québec doit rassurer tout de suite la population», a-t-elle expliqué en entrevue téléphonique.

Bien qu’elle ne blâme pas le gouvernement Couillard pour la situation, elle croit que trop peu d’actions ont été posées en amont pour évaluer la question des informations privées et de la technologie.

Pour sa part, la Coalition avenir Québec juge que ces révélations «ébranlent» le système de justice et donnent «l’impression que ça craque de partout».

«Aujourd’hui, le gouvernement libéral ne peut, encore une fois, se mettre la tête dans le sable et doit entreprendre un dialogue avec la magistrature», a expliqué Simon Jolin-Barrette, porte-parole de la CAQ en matière de justice, dans un courriel envoyé à l’Agence QMI.

Le Barreau du Québec, soit l’ordre professionnel qui régit la profession d’avocat, dit suivre la situation, mais a choisi de ne pas commenter

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