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Demande de remboursement rejetée

Blessée en glissant sur un haricot à l’épicerie

Stéphanie Gendron | Journal de Québec

Fresh, organic green beans

Mat Hayward - stock.adobe.com

Une dame qui s’est blessée gravement au genou après avoir glissé sur une fève tombée d’un étalage d’un supermarché de Trois-Pistoles a tenté d’obtenir 15 000 $ de l’épicier, le tenant pour responsable de sa mésaventure.

Depuis sa chute survenue il y a près de trois ans, Claire Létourneau a toujours mal au genou et n’est pas capable de s’agenouiller, a-t-elle affirmé dans sa demande adressée à la Cour du Québec, Division des petites créances.

Elle faisait son épicerie le 8 août 2015 lorsqu’elle s’est approchée d’un étalage de haricots. Son pied chaussé d’un soulier plat de style ballerine a glissé sur l’un d’entre eux et elle s’est retrouvée assise par terre, blessée au genou.

La cliente a subi deux opérations et affirme avoir conservé des séquelles. Elle s’est tournée vers le tribunal pour obtenir un remboursement des dépenses engagées pour sa santé (plus de 800 $) et à titre de dommages (plus de 14 000 $).

La dame devait démontrer que l’épicier aurait dû prévenir l’accident. Elle a d’ailleurs mentionné à la Cour que le supermarché devrait «installer des panneaux d’affichage pour indiquer un danger devant un étal de fruits ou légumes», peut-on lire.

Standard de perfection

La juge Lucie Morissette a conclu que des haricots qui tombent d’un étalage parce qu’ils sont manipulés par les clients constituent un événement prévisible. «Toutefois, il (l’exploitant d’un supermarché) ne peut prévoir toutes les possibilités d’accident (...). Il ne peut se voir imposer un standard de perfection soit l’exigence qu’aucun aliment ne se retrouve au sol.»

Elle a ajouté qu’il n’y avait pas d’élément de «piège» dans cette situation. Les supermarchés demeurent un endroit où des aliments se retrouvent régulièrement au sol et le consommateur doit être vigilant. Elle a aussi été convaincue que l’épicier s’occupait bien de l’entretien puisque le commis aux fruits et légumes faisait des allées et venues aux quinze minutes pour remplir les comptoirs et ramasser les fruits ou légumes qui peuvent tomber au sol.

La demande de Mme Létourneau a donc été rejetée par la juge.

 

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