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Métro de Montréal

Des voitures ne devaient pas être remplacées avant 2036

Sylvain Larocque | Agence QMI 

TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

Le premier ministre Philippe Couillard a suscité une vive inquiétude à l’Hôtel de Ville et à la Société de transport de Montréal en annonçant le renouvellement de voitures du métro, vendredi dernier.

Le problème, c’est que l’agglomération de Montréal, qui regroupe les 16 municipalités de l’île, n’a rien prévu à son budget pour payer sa part, qui se chiffrerait à au moins 250 millions $.

Québec a beau assumer 75 % de la facture lorsque les sociétés de transport achètent des autobus ou des voitures de métro, les municipalités se chargent tout de même des 25 % restants.

En réalité, la Société de transport de Montréal (STM) avait carrément écarté l’idée de remplacer les quelque 423 voitures MR-73, construites par Bombardier à la fin des années 1970, optant plutôt en 2014 pour leur réfection au coût de 150 millions $.

La STM a même adopté en 2016 un règlement d’emprunt de 69 millions $ pour lancer la première phase de l’opération.

Quoi qu’il en soit, à l’usine de Bombardier Transport de La Pocatière, dans le Bas-Saint-Laurent, M. Couillard est allé jusqu’à promettre l’adoption d’une loi, ce printemps, pour garantir le contrat de voitures MR-73.

Ainsi, aucune entreprise ne pourrait contester devant les tribunaux l’octroi de cette commande de plus de 1 milliard $ au consortium Bombardier-Alstom, qui a déjà obtenu 1,2 milliard $ pour la construction des nouveaux trains Azur.

Jusqu’en 2036

Avec la mise à niveau, les voitures devaient rouler jusqu’en 2036. La STM prévoyait ainsi « générer des économies de près de 500 millions $ pour le contribuable ».

Selon les spécialistes, il est désormais possible de prolonger jusqu’à 60 ans la durée de vie du matériel roulant, comme ont décidé de le faire plusieurs exploitants de métro dans le monde.

Au cabinet du premier ministre, on a confirmé hier au «Journal de Montréal» que Québec n’excluait pas d’assumer 100 % de la facture du remplacement des voitures MR-73.

«Je ne peux pas vous dire si [c’est] 75 ou 100 %, où ça se situe, a déclaré une porte-parole, Joçanne Prévost. Pour le moment, on n’est pas rendu là.»

Sauver des emplois

Mme Prévost a indiqué que l’idée de remplacer les voitures MR-73 est revenue au gouvernement après la décision de la Caisse de dépôt et placement, en février, de retenir Alstom, plutôt que de Bombardier, pour la construction des voitures du futur Réseau express métropolitain.

«On s’est assis et on a regardé les solutions qui étaient devant nous», a-t-elle dit.

Québec souhaite éviter des mises à pied chez Bombardier à La Pocatière.

Selon le syndicat, quelque 200 des 600 travailleurs de l’usine pourraient être licenciés après la livraison des dernières rames Azur, à la fin de l’année.

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