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Agression sexuelle

«En parler, ça c’est mâle»: une vidéo étudiante pour aider les hommes à dénoncer

TVA Nouvelles

Il n’est jamais facile pour les victimes d’agression sexuelle de parler et de dénoncer ce qu’elles ont vécu. La situation n’est pas plus facile pour les hommes, alors qu’un homme sur six est victime d’agression sexuelle avant l’âge de 18 ans.

Afin de sensibiliser les hommes à cette problématique, des étudiants en techniques policières de la région de Drummondville, dans le cadre d’un projet d’étude, ont réalisé une vidéo percutante.

«En parler, ça c’est mâle», montre le parcours d’un jeune homme qui, en se faisant taper sur une fesse par un ami, voit les souvenirs refoulés d’une agression sexuelle remonter à la surface.

La vidéo particulièrement réussie a attiré l’attention de l’équipe de l’émission Le 9 Heures, qui a reçu les futurs policiers en entrevue.

«On a entendu durant la dernière année qu’il y a eu une vague de dénonciation (#MoiAussi), et on voulait amener un sujet qui est non dénoncé à la lumière», a indiqué Elliot Duchesne en entrevue avec Jean-François Guérin.

Son collègue souligne que les hommes ont tendance à moins parler des abus ou des agressions sexuelles qu’ils ont vécues.

«C’est surtout que les hommes vont moins en parler par réflexe. Surtout dû au tabou, dû à la culture de l’homme qui est censé être fort, qui ne parle pas de ses douleurs. Nous c’est ce qu’on veut faire, c’est de briser ce tabou-là. Si vous êtes victime, vous n’êtes pas seul. D’en parler ça peut aider énormément», explique de son côté Vincent Houle-Quintal.

Sophie Bergeron, leur enseignante, mais également criminologue et directrice générale du CAVAC Centre-du-Québec trouve que les jeunes ont eu du «guts», du courage, de s’attaquer à un tel sujet.

«Je pense que ça peut inciter des hommes à croire que l’on peut aller vers les policiers, et à ne pas avoir peur des préjugés, ne pas avoir peur de ne pas être cru. Si on ne dénonce pas à la police, c’est de pouvoir en parler à quelqu’un, un intervenant, des proches, des amis pour se libérer du secret», ajoute Mme Bergeron.

Les jeunes espèrent également grâce à cette vidéo changer la perception négative qu’ont les victimes d’agression envers les policiers.