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Accommodements

Montréal: le service d’incendie ouvert à intégrer les signes religieux

Sarah Daoust-Braun | Agence QMI

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GEN-Le service d’incendie ouvert à intégrer les signes religieux

Sarah Daoust-Braun / Agence QMI

Même s’il n’a pas reçu de demande de pompiers, le service d’incendie de Montréal (SIM) serait prêt à intégrer le port des signes religieux au sein de son équipe.

«Il n’y a pas de non au départ», a déclaré Suzanne Desjardins, conseillère stratégique climat de travail, santé et mieux-être pour le SIM, devant la Commission de la sécurité publique, qui se penchait mardi sur le manque de diversité chez les pompiers montréalais.

Selon cette dernière, le service n’a pour l’instant reçu aucune demande et n’a pas eu d’échos de la part des écoles qui enseignent le métier de pompier.

L’Institut de protection contre les incendies du Québec à Laval confirme n’avoir jamais accueilli d’étudiants portant des accessoires religieux, tout comme le collège Notre-Dame-de-Foy, qui offre une formation en sécurité incendie dans la région de Québec. «Si une demande se présentait, on regarderait la sécurité, mais on l’analyserait avec le plus d’ouverture», a indiqué la directrice des études du collège Ghyslaine Picard.

Le SIM analyserait aussi ce genre de demande en fonction de la santé et de la sécurité au travail. «On va respecter la Charte sur les droits et libertés de la personne sur les accommodements raisonnables», a tout de même assuré le directeur Bruno Lachance.

Les services d’incendie en Angleterre offrent par exemple le port du hijab dans leurs uniformes. Une femme voilée exerce aussi le métier de pompière dans l'état de la Virginie aux États-Unis.

Débat relancé

Le conseiller municipal Marvin Rotrand croit que le SIM envoie un message intéressant. L’élu a relancé le débat, il y a quelque semaine, en écrivant à la responsable de la sécurité publique Nathalie Goulet afin de permettre aux policières de porter le hijab et aux policiers de revêtir le turban.

La mairesse Valérie Plante s’était alors dite «ouverte» à les intégrer à l’uniforme des agents du Service de police de la Ville de Montréal. Le corps policier avait répondu de son côté ne pas être prêt à prendre position sur le sujet, puisqu’il n’avait reçu aucune demande de policiers.

Selon M. Rotrand, les gens ne devraient pas se sentir obligés de demander pour porter des accessoires religieux. L’absence de balises claires constitue un obstacle invisible pour de nombreuses personnes. «Si on veut attirer les gens à postuler, il faut leur donner confiance», a-t-il souligné.

Pas de quotas

La Commission de la sécurité publique s’est penchée mardi sur le manque de diversité chez les pompiers montréalais. Les femmes, les minorités visibles et les autochtones ne forment de 2,4 % des 2360 pompiers de la Ville de Montréal, et le SIM espère tripler leur nombre d’ici 2025.

Le directeur du SIM a annoncé qu’il n’avait pas l’intention d’imposer des quotas, parce que le programme de recrutement a donné d’excellents résultats cette année. Sur les 56 nouvelles recrues ce printemps, 12 personnes font partie des catégories sous-représentées.

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