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Yves St-Denis retiré du caucus libéral

«Quel mononc’ macho», dit Nathalie Roy

TVA Nouvelles  et Patrick Bellerose Agence QMI

La députée caquiste de Montarville, Nathalie Roy, est sortie de ses gonds mardi matin en réagissant au retrait d’Yves St-Denis du caucus libéral après la diffusion d’informations au sujet d’une photo sexuellement explicite envoyée à une employée. «Quel manque de jugement. Quel mononcle. Je peux pas croire», a dit Mme Roy lors d’une rencontre avec les médias.

Elle a affirmé que les propos du député du député d’Argenteuil étaient tout simplement inacceptables. Nathalie Roy a également demandé depuis quand le premier ministre Philippe Couillard était au courant de ces faits qui remontent en 2014.

Pour sa part, le député caquiste François Bonnardel a indiqué que ses relations étaient mauvaises avec M. St-Denis lorsque ce dernier était assis près de lui en chambre. Il s’était d’ailleurs plaint au président de l’Assemblée national «À la base, ça reste un colon», a-t-il conclu.

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Le premier ministre Philippe Couillard a affirmé mardi que le cas d’Yves St-Denis est «en train d’être réévalué». «Il est certain que ça rend une candidature beaucoup plus difficile» en vue des élections de 2018, a-t-il toutefois souligné en marge du dévoilement de la politique de mobilité durable de son gouvernement, à Montréal.

En 2016, le député solidaire Amir Khadir s’était d’ailleurs levé en chambre pour dénoncer le comportement du député d’arrière-ban qui chahutait pendant une intervention du caquiste Simon Jolin-Barrette.

Je crois qu'il serait opportun, peut-être après cette période de questions, de se pencher sur le comportement répété, fréquent, permanent, intimidant du collègue [D’Argenteuil]», avait déclaré Amir Khadir, qualifiant le député de «goon» par la suite.Le gouvernement avait ensuite changé l’emplacement de son siège au Salon bleu.

Collègues soulagés

À l’entrée du caucus libéral, la plupart des élus n’ont pas souhaité commenter le départ de leur collègue. «Je ne connaissais pas ce gars-là comme ça», a lancé le député de Côte-du-Sud, Norbert Morin.«Monsieur St-Denis a pris, dans les circonstances, avec ce que j’ai entendu ce matin, une excellente décision», a renchéri ministre Robert Poëti.

La whip en chef du gouvernement libéral, chargée de la discipline au sein des troupes, a confirmé avoir reçu une plainte de l’employée le 1er décembre dernier. «Je lui ai conseillé, fortement, de porter plainte, assure Nicole Médard. Je l’ai guidée [sic] à utiliser le Politique de harcèlement de l’Assemblée nationale.»

Nicole Ménard n’a pas confirmé si le processus d’enquête pour harcèlement est terminé, plus de quatre mois plus tard. À micro fermé, de nombreux élus semblaient toutefois soulagés du départ de leur collègue. «Ça ne surprend personne», a commenté un député libéral. Certains étaient même soulagés qu'il soit enfin puni pour son comportement.

«Son comportement a toujours été questionnable, à la limite de la plainte», a dit un autre. Ses écarts de conduite ne visaient pas seulement les femmes, souligne d’ailleurs une source. «Je ne pense pas que beaucoup de collègues vont pleurer son départ», confie-t-on dans les rangs libéraux. «Il a fait la preuve à plus d'une reprise qu'il n'a pas de jugement», ajoute cette même source.

Il s’agit du troisième député libéral à se retirer du caucus libéral pour des raisons d’inconduite sexuelle depuis le début de l’actuel mandat. Gerry Sklavounos et l’ex-ministre Pierre Paradis ont tous deux été visés par des plaintes. Dans chacun des cas, après étude du dossier, le Directeur des poursuites criminelles et pénales n’a pas porté d’accusation.

 

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