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Testés dans une école montréalaise

Des robots au service de l’éducation

TVA Nouvelles

Un petit robot appelé NAO pourrait s’avérer bien utile pour l'apprentissage des élèves, estiment des chercheurs.

Ce robot humanoïde sait parler, répondre aux questions, bouger et même danser.

Le chercheur Thierry Karsenti et ses collègues ont testé NAO auprès de 144 élèves de 10 à 17 ans. Tous, sans exception, ont réussi à programmer le robot, ce qu'on apprend habituellement à l'université.

«Avec NAO, on n'a pas juste mis NAO qui a dansé devant les élèves et on s'est arrêtés là. On les a amenés à programmer. On a fait vraiment des interventions: la lecture, l'écriture, les mathématiques», énumère M. Karsenti, qui est titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les technologies de l’information et de la communication (TIC).

Une approche qui a plu à l’évidence à Olivier, un élève de 5e année à l’école Saint-Fabien de Montréal, où a eu lieu l'expérimentation: «Ça te tente plus d'aller à l'école. Nous, on programme avec Choregraphe. C'est le logiciel qui programme NAO. Mais je trouve qu'on apprend, mais, comme, en s'amusant.»

La camarade de classe d’Olivier, Félixe, est plutôt du même avis. «On était plus motivés. Et, moi, j'ai trouvé ça différent comparativement à d'habitude. Parce que, d'habitude, tu es avec ton professeur, tu fais du cahier. Mais, là, on pouvait apprendre, comme Olivier a dit, en s'amusant. Donc, en programmant avec des robots NAO», relate-t-elle.

Leur enseignant est aussi impressionné. «Il y a des enfants qui prenaient davantage confiance en eux, qui étaient capables de travailler en collaboration, en coopération, beaucoup au niveau de la résolution de problème», souligne Ludovic Tourné, qui enseigne à l’école Saint-Fabien.

«C'est sûr qu'on veut plus apprendre, on veut programmer, on veut essayer de faire tout ce qui est possible avec le robot», confie Maissane, en 4e année.

«C'était plus cool, disons! C'était plus amusant. Mais ça nous aidait en mathématiques, en programmation», ajoute Maxime, lui aussi en 4e année.

Le robot NAO a aussi été testé avec succès auprès d'une trentaine d'enfants autistes. Pour Thierry Karsenti, l'école doit s'ouvrir aux technologies et à l'intelligence artificielle.

«En éducation, on a notre mot à dire sur ça. Et, avec tout ce qu'on entend aux États-Unis, Cambridge Analytica et toutes les autres dérives, je pense que ça doit se faire dès l'école primaire», estime le chercheur.

Mais développer ces compétences du 21e siècle a un prix. NAO coûte environ 10 000 dollars.

-D’après un reportage d’Andrée Ducharme