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Conduite inappropriée

La députée fédérale québécoise Christine Moore suspendue par le NPD

Maxime Huard | Agence QMI

 - Agence QMI

Après avoir elle-même ébruité les plaintes de harcèlement contre son collègue Erin Weir en février, l’élue néodémocrate Christine Moore a été suspendue mardi le temps d’enquêter sur des allégations la visant pour conduite inappropriée.

Glen Kirkland, un vétéran canadien blessé en Afghanistan, a raconté mardi matin que la députée l’aurait invité dans son bureau après un témoignage émotif en comité parlementaire sur son violent passé au front, en juin 2013.

Une fois dans le bureau, Mme Moore lui aurait offert du gin avec insistance, malgré le fait que M. Kirkland était sous antibiotiques, et, de fil en aiguille, l’élue néodémocrate l’a suivi jusqu’à sa chambre d’hôtel où ils ont eu une relation sexuelle.

Glen Kirkland dit qu’il se trouvait alors dans une position vulnérable, non seulement en raison de son témoignage, mais aussi parce qu’une députée fédérale exerce une supériorité hiérarchique difficile à ignorer sur un simple militaire. «Je ne crie pas au viol, mais c’était très inapproprié», a-t-il confié en entrevue à TVA Nouvelles, joint par téléphone au Manitoba.

Faire la lumière

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) a annoncé «une enquête équitable et exhaustive» sur le cas de la députée québécoise. «Durant ce processus, les fonctions de Mme Moore en tant que députée du NPD, y compris sa participation à des comités, seront suspendues temporairement», a fait savoir Jagmeet Singh.

Il avait posé le même geste quand les allégations visant Erin Weir avaient fait surface en février.

«J’entends participer à l’enquête indépendante et équitable sur ces allégations», a pour sa part réagi l’élue d’Abitibi-Témiscamingue dans une déclaration transmise aux médias.

Au Parlement, certains députés néodémocrates étaient introuvables, d’autres rasaient les murs et évitaient les journalistes. Ceux qui ont accepté de commenter l’affaire ont unanimement appuyé leur chef et ont tous nié avoir été au courant.

Choqué par le cas d’Erin Weir

Cette affaire survient un peu moins d’une semaine après que le NPD a expulsé de son caucus le député saskatchewanais Erin Weir. Une enquête a établi que des allégations de harcèlement à son sujet étaient fondées.

Or, c’est un courriel envoyé au parti par Christine Moore qui a déclenché l’affaire. «Christine Moore a voulu faire la morale dans le cas d’Erin Weir. J’ai trouvé ça très choquant», a indiqué M. Kirkland.

Selon la version de ce dernier, la députée lui aurait envoyé des messages explicites, en plus de se rendre chez lui à l’improviste à sa résidence de Brandon, au Manitoba.

«J’aurais pu la mettre dans la merde bien avant, et je ne l’ai pas fait. Je ne lui souhaite rien de mal. Je crois juste que ça doit juste être su», a-t-il expliqué.

Glen Kirkland assure que son histoire était connue de beaucoup de gens sur la colline parlementaire, mais qu’elle n’avait jamais réellement été prise au sérieux, car il est un homme. «Si un député avait agi comme ça avec une jeune militaire, imaginez-vous les conséquences? Il serait en prison!» s’est-il exclamé.

Avec la collaboration de Raymond Filion

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