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Agressions sexuelles au Saguenay

L'Église et la police étaient au courant, selon Paul-André Harvey

Valérie Fortin | TVA Nouvelles

Le défunt prêtre, Paul-André Harvey, accuse l'évêché du Saguenay et la police d'avoir fermé les yeux sur sa pédophilie et les multiples agressions sexuelles qu'il a commises.

Dans un document rédigé avant sa mort le 3 mai dernier en prison, l'ex-prêtre confesse ses gestes et blâme l'Église d'avoir caché ses actes et de ne pas l’avoir aidé à guérir ses déviances.

L'homme mort à 81 ans, lorsqu’il purgeait une peine de pénitencier de six ans depuis septembre 2015 pour avoir agressé 39 filles, soutient que ses supérieurs étaient au courant, qu'il avait avisé son évêque lorsque les gestes auprès des enfants ont commencé en 1965 jusqu’en 1987.

L'évêque, qui est mort aujourd'hui, se serait contenté de l'inviter à la prudence.

«Aujourd'hui, dans ce domaine, c'est devenu tolérance zéro, alors que dans le temps, on se contentait d'inviter à plus de prudence», a-t-il écrit dans un document consulté par TVA Nouvelles.

«Je me souviens des remarques de mon évêque qui me demandait d'être à l'avenir plus prudent et de prier davantage, comme si cela pouvait régler mon problème», a-t-il précisé.

«Et que dire des avertissements à tour de rôle de quatre agents policiers qui me prévenaient de changer mon comportement abusif sans pour autant donner suite aux plaintes reçues de la part des parents», a ajouté Paul-André Harvey.

Réaction de l'Évêché

Dans un communiqué de presse, l'évêché de Chicoutimi nie qu'il était au courant. Il déplore que «M. Harvey minimise ses gestes, ainsi que leur portée, dont il attribue les causes à son enfance, son éducation et son environnement».

«C'est le récit solitaire d'un pédophile décédé qui a cherché à se justifier et qui rejette la faute sur tout le monde, sans autocritique», a commenté l'avocate de l'évêché, Me Estelle Tremblay.

L'Association des jeunes victimes de l'Église a intenté un recours collectif contre la Corporation épiscopale catholique romaine de Chicoutimi, parce qu'elle prétend que l'évêché connaissait le péché de son abbé, mais n'a rien fait pour protéger les victimes.

L'Association avait obtenu de la Cour d'appel du Québec le droit de rencontrer Paul-André Harvey en privé, pas plus tard que le 23 février dernier. Cette rencontre n'a finalement jamais eu lieu.

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