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Montréal

66 mois de prison pour avoir fait un enfant à sa belle-fille

Michaël Nguyen

 - Agence QMI

Un Montréalais qui avait abusé sexuellement de sa belle-fille ado pendant son sommeil, la faisant ainsi tomber enceinte malgré elle, a écopé ce mardi de cinq ans et demi d’incarcération.

«Une jeune fille de 14 ans doit se sentir en sécurité chez elle, protégée par les adultes autour d’elle [...], elle ne devrait jamais avoir à se sentir déchirée par le choix entre garder le bébé ou le donner en adoption», a déclaré la juge Suzanne Costom avant d’envoyer le beau-père indigne au pénitencier, ce mardi au palais de justice de Montréal.

Assise sur un siège dans la salle, l’air juvénile avec un chandail à capuche aux motifs du dessin animé «Pokémon», la victime écoutait attentivement le jugement, entourée de sa famille.

L’accusé de 30 ans, qui ne peut être nommé afin de protéger la victime, est pour sa part resté impassible tout le long de la lecture du jugement.

Enceinte

Le drame de l’adolescente a commencé vers la fin de 2016, lorsqu’elle avait manqué ses règles. Comme elle n’avait jamais eu de rapport sexuel, elle ne se doutait pas qu’elle était enceinte. Un premier médecin non plus, puisqu’il a attribué «l’enflure» au bas du ventre à la puberté.

Ce n’est qu’à la 29e semaine de grossesse qu’un autre médecin a réalisé que l’adolescente, qui paraît plus jeune que son âge, était enceinte. Sauf qu’il était trop tard pour un avortement.

«J’ai dû regarder ma fille souffrir et être impuissante et ne pouvoir rien faire de plus que de la soigner et prendre soin d’elle», avait déclaré la mère de la victime lors des plaidoiries sur la peine.

Rapidement, les soupçons sont allés vers le beau-père de la jeune fille, décrit comme immature et impulsif. Il avait été vu plusieurs fois dans la chambre de l’ado, ce qui mettait mal à l’aise cette dernière.

Adoption

Rencontré par les policiers, il a fini par admettre qu’il était peut-être le père de l’enfant à naître, et qu’il avait agi parce qu’il était «en dépression et en manque de sexe». Les contacts sexuels avaient eu lieu pendant que l’adolescente dormait et, depuis, sa conjointe l’a quitté.

«Il aurait pu intervenir pour éviter qu’elle ne se retrouve dans une situation où la seule avenue était de poursuivre la grossesse», a déploré la juge.

La victime, de son côté, a dû passer son été à trancher sur le dilemme de sa vie: garder l’enfant ou le donner à l’adoption. Elle a fini par choisir la deuxième option pour que le bébé «ait la vie qu’il mérite».

Elle a finalement accouché par césarienne, sans jamais avoir vu sa fille.

«La cicatrice va toujours être là et me rappeler qu’à 14 ans, j’ai donné la vie contre mon gré», avait dit l’adolescente lors d’un témoignage éloquent où elle a également fait part de sa rage et de sa haine envers son agresseur.

En plus de l’incarcération, le beau-père indigne sera inscrit à vie au registre des délinquants sexuels, et ses contacts avec des mineurs seront limités pour 10 ans.