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Prison de Bordeaux

Coupables d'avoir tué un codétenu pour quelques grammes de tabac

Michaël Nguyen | Journal de Montréal

Trois détenus de la prison de Bordeaux viennent d’être déclarés coupables d’avoir tué un de leur codétenu à qui ils voulaient voler quelques grammes de tabac.

«Coupable de meurtre au deuxième degré», a lancé solennellement la présidente du jury dans le cas d’un des accusés, avant de déclarer deux complices d’homicide involontaire.

Après 11 jours de délibération, les 11 membres du jury ont ainsi scellé le sort de Tarik Biji, Garmy Guerrier et Jason Côté, respectivement âgés de 39, 31 et 32 ans. Ils étaient accusés du meurtre au premier degré de Michel Barrette, un ex-héroïnomane de 46 ans, tabassé à mort le 21 juin 2016 dans la prison centenaire situé à Montréal.

Selon la théorie de la Couronne, Barrette avait réussi à faire rentrer du tabac dans l’établissement carcéral de Montréal. Mis au parfum de ce fait, les accusés se sont mis en tête de le voler.

«Comme le tabac est interdit en prison, il est prisé et il y a une certaine convoitise [de la part d’autres détenus]», avait expliqué le procureur à la Couronne Louis Bouthillier.

Roué de coups

Barrette a ainsi été amené dans une cellule où il a été roué de coups pendant plus de 20 minutes. Un des accusés a ensuite refusé que les agents soient alertés si bien que la victime est restée à l’article de la mort pendant deux heures avant qu’il soit retrouvé dans sa cellule.

Lorsque Barrette a été pris en charge, il était trop tard et il est décédé avant son arrivée à l’hôpital.

Pour les avocats de la défense Gary Martin, David Petranic et Fanie Lacroix, personne n’avait voulu la mort de Barrette. Et avec les allées et venues des détenus autour de la cellule, il devenait difficile de déterminer qui était vraiment présent lors de l’attaque.

Après avoir entendu l’ensemble de la preuve, le jury a estimé que Biji était coupable de meurtre au second degré, ce qui signifie qu’il n’avait pas planifié la mort de sa victime. Biji a ainsi été condamné à la prison à vie et il devrait bientôt savoir combien d’années il devra purger avant d’être éligible à une libération conditionnelle.

Guerrier et Côté ont pour leur part été reconnus coupables d’homicide involontaire, ce qui signifie qu’ils n’avaient pas eu l’intention de causer la mort de Barrette, mais qu’ils en étaient aussi responsables.

Les trois hommes ont aussi été déclarés coupables de voies de fait graves. Les plaidoiries sur la peine se tiendront ce jeudi, devant la juge Hélène Di Salvo de la Cour supérieure du Québec.

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