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Heurté par un fumeur de cannabis en colère

«J’entendais mes enfants crier papa, papa!»

Jean François Racine | Journal de Québec

Devant ses deux enfants apeurés, un père de famille a roulé au sol après avoir été heurté par le véhicule d’un fumeur de cannabis en colère de se faire reprocher sa consommation dans un parc public.

Attaqué par un consommateur qui a perdu les pédales, un père de famille de Lévis croit que les fumeurs devront apprendre à choisir le lieu et le moment pour allumer leur joint après la légalisation au Canada.

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«J’ai mis ma main sur le hood. Au lieu de prendre le pare-brise, c’est le rétroviseur qui m’a pogné. J’ai roulé par terre. J’ai levé la tête et j’ai pris son numéro de plaque», a expliqué la victime, Guillaume Fortin.

PHOTO JEAN-FRANÇOIS DESGAGNÉS

PHOTO JEAN-FRANÇOIS DESGAGNÉS

Heureusement, ses deux enfants se trouvaient un peu plus loin. «En même temps, j’entendais mes enfants crier papa, papa ! Ils sont conscients de ce qu’ils ont vu. Mon plus vieux de trois ans m’a dit avant d’aller dormir de faire attention de ne pas encore me faire frapper par une auto», a-t-il ajouté, secoué de l’impact possible sur sa progéniture.

À la figure

Avant que la situation ne s’envenime, le père de 32 ans venait d’interpeller le suspect qui consommait du cannabis dans sa voiture au parc de la Rivière, sur la rue Thérèse-Casgrain, à Lévis.

En ce dimanche de la fête des Mères, le parc était bondé de familles.

«La victime a mentionné au jeune homme que ce n’était pas la place pour fumer du pot, qu’il y avait plein d’enfants. Le gars s’est choqué et lui a soufflé une bouffée de cannabis à la figure», a expliqué Maxime Pelletier, porte-parole de la police de Lévis.

Accusations

Arrêté à son domicile de Québec, Samuel Bois, 21 ans, a été accusé lundi de voies de fait armées, de conduite dangereuse, de délit de fuite et de non-respect de ses conditions.

Pour reprendre sa liberté, Bois a dû s’engager sous signature pour un montant de 500 $. Il devra également s’abstenir de consommer de l’alcool ou de la drogue.

En décembre 2017, l’accusé avait plaidé coupable dans différents dossiers à des chefs de voies de fait, menaces, séquestration, possession d’arme prohibée, entrave et non-respect des conditions.

Le jeune homme avait alors bénéficié d’un sursis au prononcé de la peine et d’une probation.

Des conflits en vue

À quelques mois de la légalisation, la tolérance des citoyens pourrait parfois être mise à rude épreuve.

Selon l’ancien policier et sénateur conservateur Jean-Guy Dagenais, ce genre de conflit risque de se répéter.

«On banalise l’utilisation de la marijuana. On n’a pas terminé de voir des situations semblables. C’est un projet de loi mal ficelé.»

 

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