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Happé mortellement par une policière

Jessy Drolet a eu 1,5 seconde pour réagir

Kathleen Frenet | Journal de Québec

ARCHIVES/AGENCE QMI

Alors qu’il filait sur sa moto, Jessy Drolet a eu une seconde et demie pour réagir lorsqu’il a vu la voiture patrouille conduite par Isabelle Morin faire un virage sur l’autoroute Laurentienne, en zone de travaux, entre deux balises de signalisation.

Au jour deux du procès de la policière du Service de police de la Ville de Québec accusée de conduite dangereuse causant la mort, le chef reconstitutionniste de la Sûreté du Québec, Carl Allard, a pris le plancher muni d’un rapport d’un peu plus de 320 pages.

À l’intérieur, on retrouve de nombreuses photos de l’accident qui a coûté la vie au motocycliste de 38 ans, mais aussi de savants calculs pour connaître la force de l’impact.

Il a été déterminé par monsieur Allard que la victime roulait, le soir du 10 septembre 2015, à une vitesse de pointe de 114 km/h.

«Lorsqu’il a vu la manœuvre de la policière, 42 mètres le séparent de la voiture patrouille. Le motocycliste a freiné et la vitesse est descendue à 99 km/h. Après avoir chuté, une légère diminution de la vélocité s’est ajoutée. Au moment de l’impact, on calcule la vitesse à 90 km/h», a expliqué le policier.

S’il est vrai de dire que la victime roulait à une vitesse supérieure à celle permise, le reconstitutionniste a effectué les mêmes calculs, mais en utilisant la vitesse maximale acceptée à l’entrée du chantier, soit 90 km/h.

«42 mètres séparent toujours les deux véhicules. La victime a, cette fois, 2.05 secondes pour réagir. Il freine et chute. L’impact se fera donc à 57 km/h», a-t-il expliqué.

Prenant en compte le déplacement de la voiture patrouille, il en arrive donc à la conclusion qu’avec une vitesse de 114 ou de 90 km/h, l’impact ne pouvait être évité.

«Plutôt que de terminer sa course dans la portière côté passager, la moto aurait percuté l’arrière de la voiture au niveau des roues», a-t-il ajouté.

Le jeu des 7 différences

Si la rigueur du reconstitutionniste a été mise de l’avant en interrogatoire principal, les choses se sont un peu corsées lorsque l’homme a été contre-interrogé de façon habile par l’avocat de la défense, Me Jean-François Bertrand.

Utilisant les photos prises le soir de l’accident et celles effectuées lors de la reconstitution, Me Betrand a fait admettre au témoin que certains éléments étaient divergents.

Les cônes orange n’étaient pas de la même hauteur, le véhicule patrouille utilisé a d’abord été celui de la policière Morin puis il a été changé par un véhicule de la SQ «parce que le premier a manqué d’essence» et il n’a pas non plus «envisagé la perception qu’avait pu avoir la policière au-delà de 50 mètres».

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