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Vague d’automutilation

La mère d’une jeune fille de Wemotaci raconte

Émilie Vallée | TVA Nouvelles

Tina Petiquay a une fille de 11 ans qui fréquente l'école Seskitin de Wemotaci, une communauté Atikamekw située au nord de La Tuque. Il y a quelques jours la direction l'a contactée parce que sa fille présentait des marques d'automutilation aux mains.

«Elle avait des marques. Rien de profond, mais je pense qu'elle s'est automutilée parce qu'elle n’a pas fait le deuil de son père», raconte la mère de famille.

Sur quelque 200 élèves de l'école, une soixantaine se sont automutilés ou fait mutiler par d'autres enfants avec des lames d'aiguisoirs. De ce nombre, 38 ont été référés aux services de santé de la communauté. Les jeunes touchés sont en 4e, 5e et 6e année du primaire.

«En tant que direction, avec les ressources qu'on a en place, on a mis en place des interventions à la minute ou on a été informés de la situation», indique la directrice de l'école, Nathalie Dominique.

Le fils de Jackie Basile est une des victimes de ce défi dangereux.

«Mon fils est arrivé de l'école et il m'a dit : Maman, quelqu'un m'a coupé avec une aiguise à crayon», explique-t-elle.

 Qu'est-ce qui explique ces gestes? Pour la directrice, il y a une part de jeu, mais pour certains c'est plus préoccupant.

«C'est un jeu, mais pour d'autres ça nous parle. Ils veulent nous parler, c'est de la détresse, mais ce n'est pas la majorité. On en a identifié quatre ou cinq pour qui c'est de la détresse», ajoute Mme Dominique.

Toute la communauté se mobilise pour aider ces jeunes. «On prend la situation très au sérieux», mentionne le grand chef François Neashit.

Les enfants ont aussi subi des tests sanguins puisque les lames ont été partagées.

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