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Organisme à but non lucratif

«La Presse» risque d’attendre longtemps après sa loi privée

Marc-André Gagnon | Journal de Québec

MAXIME DELAND/AGENCE QMI

«La Presse» risque d’attendre encore longtemps avant qu’une loi privée autorise sa transformation en OBNL: en plus des questions soulevées par Martine Ouellet, Jean-François Lisée doute que «le cordon» entre le quotidien et la famille Desmarais sera véritablement coupé.

Contrairement aux mises en garde exprimées par la députée indépendante de Vachon et chef du Bloc québécois, Martine Ouellet, «nous, on ne fera pas d’obstruction», a assuré en point de presse le chef du Parti québécois.

Cet engagement repose toutefois sur une condition, soit celle de «prendre le temps nécessaire» pour entendre différents intervenants : la famille Desmarais, des représentants des autres médias, la Fédération professionnelle des journalistes (FPJQ) et des experts, a énuméré M. Lisée.

 «Si le gouvernement libéral veut introduire le projet de loi, on dit : On va le regarder, a-t-il expliqué. On veut une commission parlementaire, on veut pouvoir en débattre, on veut pouvoir l'amender et on ne s'engage pas à l'avance de l'adopter ou non.»

 «Couper le cordon»

Le chef péquiste demande à être rassuré sur l’indépendance du quotidien montréalais. Il l’a d’ailleurs déjà clairement signalé aux dirigeants de «La Presse».

 «Ce que j'ai dit en privé aux gens de «La Presse» et ce que je réitère en public, a-t-il raconté, c'est qu’on ne peut pas faire semblant de couper le cordon en ayant un conseil d'administration entièrement désigné par la famille Desmarais, et qui va s'auto désigner pour les siècles et les siècles.»

 «Il faut qu'ils (la famille Desmarais) fassent la démonstration qu'ils coupent le cordon, a ajouté M. Lisée. Ça, on attend ça. Pour l'instant, cette démonstration n'est pas faite. C'est notre principale préoccupation.»

Le leader parlementaire du gouvernement, Jean-Marc Fournier, qui aurait aimé procéder avec ce projet de loi privé avant la fin de la session, à la mi-juin, s’attend à recevoir une réponse de la Coalition avenir Québec mercredi, après leur caucus.

 «S’il n’y a pas de consentement de la part des partis d’opposition, ou d’un indépendant – il y a cette possibilité-là – bien ce sera une loi privée à l’automne», a reconnu M. Fournier, en rappelant qu’il appartient aux gens de «La Presse» de rencontrer et de convaincre les élus concernés.