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Plusieurs démêlés

L'avocat criminaliste Jean Petit radié du Barreau pour trois mois

Kathleen Frenette

 - Agence QMI

Après s’être supposément fait arnaquer pour un demi-million de dollars, rien ne va plus pour l’avocat criminaliste Jean Petit qui vient d’être radié du Barreau du Québec pour trois mois.

Depuis 1983, Me Petit arpente les corridors du palais de justice de Québec où il se spécialise en droit criminel.

Au cours des dernières années, l’homme de 59 ans a eu maille à partir avec le Syndic de son ordre, se voyant contraint de payer l’amende, la plus salée faisant état de 3 000 $, ou encore d’être radié pour de courtes périodes, la plus longue ayant été de 15 jours.

Cette fois, on reproche à Me Petit «d’avoir fait défaut de déposer sans délai dans son compte en fidéicommis la somme de 5000 $» et, en mai 2015, de «ne pas avoir rendu à son client des services professionnels, d’une valeur d’au moins 5000 $, soit la somme qu’il avait reçue à titre d’avance».

Le 10 octobre dernier, le Conseil de discipline du Barreau a reconnu la culpabilité de Me Petit qui, pour éviter la radiation, a témoigné qu’il devait absolument travailler pour faire face à ses obligations financières dictées par... son Syndic de faillite.

«Dindon de la farce»

Dans la décision sur sanction du Conseil de discipline du Barreau, on y apprend que Me Petit a «perdu l’immeuble où était situé son bureau» et qu’il a «perdu sa maison située à l’île d’Orléans [...] à la suite d’un jugement de la Cour supérieure» rendue le 30 août 2016.

Au surplus, Me Petit a affirmé que ses déboires avaient débuté lorsqu’il s’était «associé» avec le conjoint d’une ancienne cliente reconnue coupable de fraudes.

Selon Me Petit, l’homme était «un partenaire d’affaires avec qui il souhaitait importer au Canada des boissons énergétiques fabriquées au Portugal». En tout, l’avocat a investi dans le projet la somme de 589 000 $ pour finalement s’apercevoir qu’il avait été «le dindon de la farce».

Boisson mystère à 589 000 $

Interrogé par le syndic adjoint, l’avocat a reconnu «qu’il a vu la poudre destinée à préparer les boissons énergisantes, mais sans plus. Il ne connaît pas le nom du produit ni le nom des associés de son associé».

Il a également mentionné ne pas avoir porté plainte à la Sûreté du Québec pour fraude, car «il n’a pas confiance à la personne responsable des enquêtes de fraude à la SQ» ni avoir tenté de récupérer quelque sommes que ce soit en intentant un recours civil.

Me Petit a ajouté être «simplement passé à autre chose» lorsqu’il n’a pas été en mesure de se faire rembourser.

Pas de vol

En ce qui concerne le dossier de l’homme faisant l’objet de la présente plainte au Barreau, une entente serait intervenue entre les parties, «sous l’égide du Bureau du syndic».

Pour Me Petit, «il n’y a donc pas eu vol au sens où il se serait approprié les sommes d’argent appartenant à son client. Il affirme ne jamais avoir volé quoi que ce soit».

Au final, il a indiqué que «dorénavant, il ne touchait plus à la comptabilité, préférant se concentrer sur le droit».

En plus de la période de radiation, Me Petit devra s’acquitter d’une amende de 5000 $.