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Contrairement à Power Corp

Québecor n'aura pas recours à la philanthropie pour ses quotidiens

Philippe Orfali | Agence QMI

Les quotidiens de Québecor, dont le Journal de Montréal, n’auront pas recours à la philanthropie pour financer la production de journalisme de qualité, contrairement au «Devoir» ou à «La Presse», a affirmé mardi le président et chef de la direction de l’entreprise, Pierre Karl Péladeau.

«Ce n’est pas une avenue que nous sommes en train d’analyser», a soutenu M. Péladeau, en marge d’une table ronde sur la fiscalité des grandes entreprises numériques à laquelle il participait, dans le cadre du congrès de l’Association des économistes québécois.

L’entreprise présente dans les secteurs des télécommunications (Vidéotron), de la presse écrite ainsi qu’en télévision (TVA) mise sur la convergence dans le but de diffuser son contenu d’information et de divertissement «sur le plus grand nombre de plateformes possibles» et ainsi générer des profits, a-t-il soutenu.

La semaine dernière, Power Corporation du Canada, propriétaire de La Presse, a annoncé que le quotidien deviendra prochainement un organisme sans but lucratif et commencera à solliciter des dons du grand public et de fondations afin de financer ses activités. Le modèle actuel n’est plus viable, a soutenu la direction.

Au banc des accusés : la chute des revenus publicitaires, attribuable notamment aux géants comme Google, Apple, Facebook et Amazon (GAFA). Ces entreprises interceptent aujourd’hui près de 80 % des revenus publicitaires au pays, tout en diffusant les contenus des entreprises de presse traditionnelles, qui se ramassent avec des miettes.

M. Péladeau a une fois de plus martelé que les gouvernements doivent intervenir afin d’imposer des règles fiscales plus sévères aux géants du web, « avant qu’il ne soit trop tard ».

« On doit prendre le temps nécessaire pour réfléchir à cette économie numérique », car tous les médias sans exception sont affectés par la chute des revenus publicitaires, a-t-il soutenu.

« Je ne dis pas qu’il faut que ça passe nécessairement par un système de redevance pour l’information, mais une grande partie (de l’information produite par les médias traditionnels) est maintenant véhiculée sur des sites qui ne paient pas d’impôt », et cela « crée un préjudice pour les entreprises médiatiques d’ici », a-t-il dit.

Il a également demandé à Ottawa de cesser d’investir ses budgets publicitaires dans ces entreprises.

Ultimement, ce sont tous les contribuables qui risquent d’y perdre si les gouvernements ne font rien. « Ce n’est pas Amazon qui va financer notre éducation, ni Apple notre système de santé », a soutenu l’ex-chef du Parti québécois.