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Des anesthésiologistes en renfort

Entente pour régler la pénurie de médecins spécialistes en région

Stéphanie Gendron

 - Agence QMI

Des anesthésistes s’engagent à venir faire du remplacement dans des hôpitaux de région qui ont des problèmes de ruptures de service faute d’anesthésistes, sous forme de «parrainage» entre hôpitaux.

Les spécialistes vont donc se relayer, pour couvrir toutes les périodes où il manque des anesthésistes en région, que ce soit à Amqui, Matane ou bientôt Ville-Marie et Dolbeau-Mistassini.

Actuellement, lorsqu’il n’y a pas d’anesthésiste, des femmes doivent accoucher ailleurs qu’à l’hôpital près de chez elles et des patients doivent être opérés à plusieurs dizaines de kilomètres de chez eux, entre autres.

Dorénavant, par exemple, l’hôpital de La Pocatière sera parrainé par une équipe de Sherbrooke. C’est donc dire que si La Pocatière a un besoin, pour une période donnée, d'un des nombreux anesthésistes de Sherbrooke, l'un d'eux ira travailler sur place.

«Avant, [pour dépanner], un centre hospitalier faisait appel à un [seul] anesthésiologiste. Là, on met en place un groupe d’anesthésiologistes. On parle d’une équipe de travail, la "game" est complètement différente. Si un tombe malade, il y en a 33 autres qui sont capables de prendre le relais», a imagé Jean-François Courval, président de l’Association des anesthésiologistes du Québec.

Pénalités

Les médecins qui participent au jumelage ont accepté de s’engager pour trois ans, avec une possibilité de pénalités s’ils ne respectent pas leur engagement, ce qui serait une première, selon l’Association des anesthésiologistes du Québec.

«Je ne suis pas au courant d’un autre endroit au monde qui a une entente comme cela», a soulevé le Dr Courval.

Ces jumelages devraient faciliter le recrutement d’anesthésistes en région. Souvent, ils sont seuls, ont dû mal à prendre des vacances et ne font pas face à des cas complexes. «On leur donne 12 semaines, garanties. Vous pouvez planifier vos vacances et si vous souhaitez faire de l’éducation médicale, vous pouvez retourner dans votre centre parrain. Il va pouvoir ramener cette expertise-là en région. C’est gagnant pour tout le monde», a ajouté Jean-François Courval.

D’ici un an et demi, les 22 centres à risque ont Québec devraient être couverts.

Ce plan s’inscrit dans le volet «accessibilité» de l’Entente intervenue en février entre les médecins spécialistes et le gouvernement. Le ministre de la Santé Gaétan Barrette a rappelé que ce plan était prévu suite à l’entente et qu’il découlait des interventions du gouvernement et était le résultat de la loi 130.

L’Association des anesthésiologistes du Québec a aussi modernisé les sommes déjà allouées par le gouvernement pour le travail en région à partir de la masse monétaire de l’association, ce qui fait que ce plan ne coûte rien à la population.

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