/news/politics

Tests des valeurs

Heurtel accuse la CAQ de s’inspirer «des partis d’extrême droite»

Marc-André Gagnon | Le Journal de Québec

***Ne manquez pas le débat sur l'immigration ce soir à 20 heures sur LCN animé par Mario Dumont***

Le ministre de l’Immigration, David Heurtel, reproche à François Legault de s’être inspiré du Danemark et «des partis d’extrême droite» pour concocter le «test des valeurs» que souhaite imposer la Coalition avenir Québec aux nouveaux arrivants.

À LIRE ÉGALEMENT

Les immigrants réfractaires aux valeurs québécoises sont «des cas isolés» 

Le test des valeurs de la CAQ devra se faire à visage découvert

«Je sais qu’il y a certaines personnes qui font de l’urticaire quand on parle de droite, mais même M. Legault dit que son test, et ses tests, sont inspirés notamment du Danemark», a déclaré M. Heurtel, en marge du caucus libéral, mercredi matin.

Le ministre s'est appuyé sur un article du Huffpost Québec, publié en 2016, qui rapportait que la CAQ s’inspirerait des tests de citoyenneté allemand et danois pour son «tests des valeurs». «Si c’est bon pour l’Allemagne et le Danemark, c’est pour le Québec », avait déclaré à l’époque M. Legault.

L’article relatait également qu’un parti d’extrême droite avait contraint le gouvernement danois à rendre son test de citoyenneté si difficile que peu d’immigrants parviennent à le réussir. «Avec des partis d’extrême droite, a souligné mercredi M. Heurtel. Ce n’est pas moi qui le dis, ce n’est pas Philippe Couillard qui le dit non plus. »

Pénurie de main d’œuvre

Dans le contexte actuel de pénurie de main d’œuvre, restreindre l’immigration avec ce genre de «test d’expulsion» aurait pour effet de nuire au «potentiel d’attractivité» du Québec, croit M. Heurtel.

«On est dans un contexte mondial de compétition pour les talents», a rappelé le ministre de l’Immigration, qui craint que plusieurs choisissent d’aller travailler en Ontario plutôt qu’au Québec si le scénario souhaité par la CAQ se concrétisait.

Cela mettrait aussi en péril l’entente fédérale-provinciale qui permet au Québec d’effectuer la sélection de ses immigrants, selon M. Heurtel.

«Est-ce que M. Legault va déchirer l’entente Canada-Québec? L’année dernière, ça nous a rapporté 490 millions $, cette entente-là, a dit le ministre de l’immigration. [...] S’il la déchire, comment va-t-il compenser le manque à gagner?»

Trois ans d'incertitude

À l’instar de M. Heurtel, le chef péquiste Jean-François Lisée reproche à la CAQ de vouloir plonger les nouveaux arrivants dans trois ans d’incertitude après leur arrivée. Il a rappelé lui aussi que le pouvoir d’expulsion relève du palier fédéral.

«La CAQ nous propose quelque chose qui ne fonctionne pas, qui ne peut pas fonctionner, qui [ne] dépend même pas de nous, qui dépend du fédéral, a dit le chef du Parti québécois. C’est sûr que le fédéral ne va pas jouer dans le rôle que veut lui assigner la CAQ.»

Dans la même catégorie