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Carnage à Gaza

La crise entre la Turquie et Israël s'amplifie

AFP

L'ambassadeur d'Israël en Turquie a quitté ce pays jeudi après avoir été sommé de partir provisoirement par Ankara qui s'écharpe à coups d'invectives et de sanctions diplomatiques avec l'État hébreu depuis le carnage commis par son armée à Gaza.

L'ambassadeur Eitan Naeh a pris un avion pour Tel-Aviv à l'aéroport d'Istanbul où son départ a été filmé par des médias turcs. On le voit tirant une petite valise ou franchissant un portique de sécurité électrique comme n'importe quel autre passager.

Le ministère israélien des Affaires étrangères a convoqué le chargé d'affaires turc en Israël pour protester contre le «traitement inapproprié» dont a été victime selon lui l'ambassadeur à l'aéroport à Istanbul.

Dans un communiqué, le ministère explique que M. Naeh a été soumis à «un contrôle de sécurité draconien en présence de médias turcs convoqués à l'avance».

Au moment où M. Naeh quittait le pays, le ministère turc des Affaires étrangères annonçait avoir également demandé au consul général d'Israël à Istanbul de partir provisoirement, au lendemain d'une mesure similaire prise par Israël à l'encontre du consul général turc à Jérusalem.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, issu de la mouvance islamo-conservatrice, a accusé Israël de «génocide» après la mort de 60 Palestiniens lundi sous les balles israéliennes pendant qu'ils manifestaient dans la bande de Gaza contre le transfert de l'ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem.

Il a aussi estimé que le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu était à la tête d'un «État d'apartheid» et avait du «sang» de Palestiniens sur les mains.

M. Netanyahu a de son côté affirmé qu'il n'avait pas de «leçons de morale» à recevoir du chef de l'État turc : «il ne fait aucun doute qu'il comprend parfaitement le terrorisme et les massacres», a-t-il déclaré dans un communiqué.

Cette montée des tensions risque de saborder la fragile normalisation de leurs relations que ces deux pays ont entamée en 2016 après une grave crise diplomatique déclenchée par un raid israélien contre un navire d'une ONG turque se dirigeant vers la bande de Gaza en 2010.

Un rassemblement de soutien aux Palestiniens, qui s'annonce imposant, doit se dérouler vendredi à Istanbul, à l'appel de M. Erdogan, sous le slogan «Halte à l'oppression!».

Par ailleurs, le site internet officiel de la présidence turque a fait savoir que M. Erdogan avait rencontré mardi soir au cours d'une  visite à Londres une délégation de juifs ultra-orthodoxes du groupe antisioniste Neturei Karta.

Ce très petit groupe dissident, en marge des juifs ultra-orthodoxes, compte des membres en Israël et hors de ce pays. Ils s'opposent à l'existence d'un État juif avant la venue du Messie.

Outre la manifestation prévue pour vendredi à Istanbul, le président turc doit y accueillir le même jour une réunion extraordinaire de l'Organisation de la coopération islamique (OCI) pour faire condamner le carnage de Gaza et apporter un soutien aux Palestiniens.

Il a affirmé que l'OCI enverrait à cette occasion «un message très fort au monde». M. Erdogan s'est entretenu au téléphone avec plusieurs dirigeants arabes, dont le roi Salmane d'Arabie et le roi Abdallah de Jordanie, et avec le président iranien Hassan Rohani mais le niveau de participation à la réunion, qualifiée de «sommet» par Ankara, n'est pas encore connu.

Alors que la brouille diplomatique entre les deux pays ne connaît pas de répit, le fils de M. Netanyahu, Yair, s'en est mêlé en publiant sur Instagram un drapeau turc barré de l'inscription «Fuck Turkey», selon les médias israéliens.

«Yair Netanyahu est une personne privée et son compte Instagram est aussi privé», a réagi le porte-parole de la famille Netanyahu dans un communiqué.

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