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Accusé d'avoir tabassé un homme

Un policier contraint de donner son ADN

Claudia Berthiaume | Journal de Montréal

MARTIN ALARIE

En plus de faire 200 heures de travaux communautaires, un policier de la SQ qui a tabassé un père de famille devra s’astreindre à donner un échantillon de son ADN au quartier général de sa propre organisation.

Guillaume St-Louis a gardé la tête basse et les mains jointes durant toute la lecture de la décision du juge Carol Richer, mercredi, au palais de justice de Joliette.

L’agent de 36 ans a toutefois semblé exaspéré, tournant ses paumes au ciel, lorsque le magistrat a dit qu’il devrait donner un échantillon d’ADN au quartier général de la Sûreté du Québec.

Cette ordonnance était obligatoire, car le policier a été reconnu coupable de voies de fait causant des lésions, en décembre 2017. Il a porté le verdict en appel.

Les faits remontent au 9 décembre 2014, quand Guillaume St-Louis a intercepté Alexandre Hébert pour des vitres trop teintées. Le résident de Lanoraie allait reconduire sa fille de 11 mois à la garderie.

Une altercation s’en est suivi, et la victime a été aspergée de poivre de Cayenne et frappée avec un bâton télescopique.

Le père de famille a eu un traumatisme crânien et une fracture de l’index. Il n’a pas repris le travail depuis l’agression.

« Abus d’autorité »

Guillaume St-Louis espérait obtenir une absolution inconditionnelle pour conserver son emploi, mais le magistrat ne la lui a pas octroyée. Relevé de ses fonctions depuis près de trois ans, le policier devra maintenant plaider sa cause auprès de la SQ pour garder son poste.

« L’accusé a utilisé une force non nécessaire et exagérée à l’égard de la victime [...] [Ses gestes] constituent un abus d’autorité et révèlent un degré de violence qui ne milite pas en faveur de l’absolution », a souligné le juge Richer.

Ce dernier a donc condamné le policier à une probation de deux ans, assortie de 200 heures de travaux communautaires.

Une sentence qui satisfait Alexandre Hébert. « C’est plaisant que le juge m’ait accordé de la crédibilité. Tout ça a été très épuisant, et ce n’est pas encore fini », a-t-il indiqué, en référence à sa poursuite civile de 1,16 million $ envers l’agent St-Louis.

L’avocate de la défense, Me Nadime Touma, a préféré ne pas commenter.

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