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Travaux sur la ligne de Deux-Montagnes

Une entreprise de covoiturage demande d’être écoutée

Zacharie Goudreault | Agence QMI

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Sébastien St-Jean /Agence QMI

Une entreprise de covoiturage qui croit avoir trouvé le moyen de simplifier les déplacements des usagers de la ligne de train de Deux-Montagnes pendant les travaux de construction du Réseau express métropolitain (REM) peine à convaincre les autorités publiques de financer son projet.

Depuis le 27 avril, le service de train de banlieue est interrompu chaque fin de semaine à partir du vendredi soir sur les lignes de Deux-Montagnes et de Mascouche.

Pendant ces interruptions de service, les clients du train de banlieue peuvent emprunter des autobus qui ont été déployés pour relier plusieurs gares de train de banlieue au réseau du métro les fins de semaine.

Cependant, ces mesures alternatives rallongent considérablement le trajet de nombreux clients du train de banlieue.

À titre d’exemple, le temps de parcours des résidents de Deux-Montagnes pour atteindre le centre-ville grimpe à une heure lorsqu’ils optent pour l’autobus et le métro alors qu’ils pourraient normalement se rendre à la Gare Centrale en 35 minutes en empruntant le train de banlieue la fin de semaine.

«On croit fermement qu’on ne peut pas dégrader ainsi l’expérience de transport en doublant le temps de trajet sans que ça ait des conséquences», a réagi le président et fondateur de l’entreprise de covoiturage Netlift, Marc-Antoine Ducas, qui craint que des clients du train de banlieue ne retournent à l’auto solo.

L’application mobile Netlift, lancée en 2012, possède une banque de conducteurs composée à la base de citoyens non rémunérés désirant effectuer leurs déplacements en voiture avec d’autres passagers en échange du paiement de leurs frais d’essence et de stationnement par l’entreprise.

Cependant, depuis novembre dernier, Netlift embauche également des chauffeurs de taxi pour combler un manque de conducteurs disponibles pour prendre des courses en dehors des heures de pointe.

Le taxi au prix du train

Chaque fin de semaine d’ici à la fin des travaux du REM, l’entreprise québécoise voudrait que ses chauffeurs de taxi fassent chacun monter à bord de leur véhicule plusieurs usagers du train de banlieue demeurant à proximité des gares de Deux-Montagnes ou de Bois-Franc pour ensuite les déposer à la Gare Centrale, au centre-ville. Le service serait offert en respectant un horaire régulier semblable à celui du train les fins de semaine, a expliqué M. Ducas.

Bien que ces chauffeurs de taxi soient payés plus de 20 $ de l’heure par l’entreprise, les résidents de Deux-Montagnes n’auraient qu’à débourser 7 $ pour effectuer la distance de 42 kilomètres séparant leur municipalité du centre-ville, ce qui équivaut au prix d’un titre de train au tarif ordinaire pour effectuer ce trajet.

Le président de Netlift peine toutefois à convaincre l’Autorité régionale de transport métropolitain de financer ce projet.

«On pense qu’actuellement l’écoute doit être plus rapide parce que le feu est pogné. Les gens sont très inquiets dans l’ouest de l’île et à Deux-Montagnes [...] Il faut agir rapidement», a-t-il martelé.

Prudence

En novembre dernier, le «Journal de Montréal» dévoilait que la municipalité de Brossard avait remis 91 200$ à l’entreprise Netlift dans le cadre d’une entente alors que moins de 200 déplacements en covoiturage avaient été réalisés en cinq mois sur le territoire de la municipalité. Cette dernière avait résilié son contrat avec l’entreprise quelques semaines plus tard.

«On a évidemment regardé l’expérience de Brossard. On est prêts à pousser davantage l’analyse de ce que Netlift propose, mais on gère des fonds publics, donc il faut qu’on prenne cette décision-là en étant convaincus que c’est faisable [...] et c’est aussi de voir si c’est efficace et viable en termes de gestion des fonds publics», a déclaré la porte-parole de l’ARTM, Fanie Saint-Pierre.