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Tour du silence

11 cyclistes de trop morts sur les routes en 2017

Jean-François Racine | Le Journal de Québec

En mémoire des cyclistes décédés, Louis Garneau (à gauche) aux côtés de Jean Blais, qui a perdu sa fille Mathilde, heurtée en 2014 sous le viaduc Saint-Denis, à Montréal.

PHOTO JEAN-FRANÇOIS RACINE

En mémoire des cyclistes décédés, Louis Garneau (à gauche) aux côtés de Jean Blais, qui a perdu sa fille Mathilde, heurtée en 2014 sous le viaduc Saint-Denis, à Montréal.

Quatre ans après la mort de sa fille Mathilde, cette cycliste tuée en avril 2014 dans le tunnel de la rue Saint-Denis à Montréal, Jean Blais était toujours sur son vélo mercredi soir malgré la peur qui l’habite parfois sur la route.

«Oui, j’ai peur parfois. Surtout quand les voitures passent trop près. Il faut être prudent et respecter les règles. On arrive alors à évacuer la peur. On repère vite les automobilistes qui ont un comportement à risque. Le prochain à mourir sera de trop», a-t-il expliqué avant le coup de départ du Tour du Silence, réunissant environ 200 participants, à l’Université Laval.

En 2017, 11 cyclistes sont morts au Québec. «Peut-être qu’il faudrait engager des cyclistes lorsqu’il y a des aménagements à faire sur les routes !» a également souligné M. Blais.

Des morts évitables

Malheureusement, comme celle de plusieurs autres victimes, la mort de Mathilde Blais était «évitable», avait écrit le coroner Paul G. Dionne dans son rapport.

D’autres familles éplorées veulent éviter des drames inutiles.

«C’est un sport risqué. Soyez prudent. Il faut parler aux automobilistes», a aussi lancé Nathalie Forbes, en deuil de son conjoint Jacques Samson, un cycliste de 57 ans tué en juillet 2017 sur la route 365 à Pont-Rouge. Absente hier soir, cette dernière n’a pas envie de pédaler, surtout depuis l’accident.

Respect mutuel

Le Tour du Silence a lieu chaque année le troisième mercredi du mois de mai, partout sur quatre continents.

Au Québec, 24 régions ont organisé une telle randonnée en 2017 afin de rappeler les nombreux accidents entre cyclistes et automobilistes, mais aussi pour sensibiliser au respect mutuel.

Dans la métropole, la mère de Clément Ouimet, happé mortellement dans la voie Camillien-Houde le 4 octobre dernier, était la porte-parole du Tour du Silence.

Au cours des quatre dernières années, le nombre de cyclistes décédés sur les routes du Québec est demeuré relativement stable.

De 2014 à 2017, entre 8 et 11 cyclistes ont péri chaque année. De 2008 à 2013, ce nombre était plus élevé annuellement, soit entre 13 et 21 morts.

Le Tour du Silence est né au Texas en 2003. Son fondateur souhaitait réagir à la suite de la mort d’un ami happé par un autobus alors qu’il roulait à vélo.

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