/sports/homepage

Sortie de Françoise Abanda

«Elle n’a pas d’attention parce qu’elle est 128e au monde»

TVA Nouvelles

Au lendemain de la sortie de Françoise Abanda qui estimait être «complètement dans l’ombre» en raison du fait qu’elle soit noire, un expert en communication affirme que, bien que le racisme soit réel, la couverture médiatique de la joueuse de tennis n’a aucun lien avec la couleur de sa peau.

En répondant au tweet d’un internaute qui demandait pourquoi Abanda n’avait pas autant de visibilité qu’Eugenie Bouchard, hier, la principale intéressée a répondu: «Je n’aurai jamais le même traitement car je suis noire. C’est la vérité!»

Or, en entrevue au Québec matin, le stratège en communication corporative Jean Gosselin a expliqué ce qui fait selon lui la différence entre les deux joueuses.

À LIRE ÉGALEMENT

Françoise Abanda se dit victime de racisme

«Quand une femme noire dit ça, il faut l'entendre» - Régine Laurent

«Eugenie Bouchard est une personnalité médiatique alors que Françoise Abanda, au moment où on se parle, est une athlète, une bonne joueuse, mais pas encore du côté des personnalités. C’est là qu’est toute la différence. Ça ne nie pas le problème de racisme dans le sport. [...]Il ne faut pas relier le fait qu’elle n’a pas d’attention parce qu’elle est noire. Elle n’a pas d’attention parce qu’elle est 128e au monde», affirme-t-il.

Selon Jean Gosselin, les performances sur le terrain comptent pour beaucoup dans la couverture médiatique des joueurs.

 

«Le manque d’attention est principalement dû au fait qu’elle est une joueuse au 128e rang. Ce n’est pas une joueuse exceptionnelle. Ce qui crée l’attention médiatique, ce sont les résultats ou des situations exceptionnelles. Dans son cas, c’est une bonne joueuse qui gravit les échelons tranquillement pas vite, mais qui n’a pas encore gagné de grands tournois, qui n’a pas battu de grandes joueuses. Denis Shapovalov n’était pas vraiment connu avant de battre Raphaël Nadal.»

Eugenie Bouchard, «paratonnerre médiatique»

«Eugenie Bouchard, c’est un paratonnerre médiatique. Dès qu’elle est quelque part, l’attention se tourne sur elle. Mais avant son année merveilleuse, en 2014, elle n’avait pas nécessairement beaucoup plus d’attention que Françoise Abanda en a aujourd’hui. [...] Malheureusement pour elle, sa déconfiture fait en sorte qu’on continue de s’y intéresser», poursuit Jean Gosselin.

Le stratège en communication estime que Françoise Abanda devrait profiter de l’attention qu’elle reçoit depuis hier pour montrer ce dont elle est capable.

 

«Est-ce que, pendant un certain temps, les gens seront plus attentifs à ce qu’elle fera? Peut-être. Il y a un projecteur qui vient de se tourner vers elle. Qu’elle s’en serve pour nous montrer qu’elle est une bonne joueuse et qu’elle est en progression», conclut-il.

Réactions sur Facebook

Chose certaine, la sortie de Françoise Abanda a grandement fait réagir. Sur la page Facebook TVA Nouvelles, des centaines d’internautes ont réagi aux commentaires de la jeune joueuse de tennis; la plupart n’étant pas en accord avec elle.

«Eugenie a fait le top 10. Le meilleur d’Abanda est 128 ou 111. De grâce, arrêtez de jouer la carte du racisme», a notamment écrit Marc-André Vézina.

«Les sœurs Williams sont pourtant très populaires et elles sont noires!», a répondu Mélanie Hébert.

«Elle ne dégage tout simplement pas la même aura qu’Eugenie Bouchard. Aucun rapport avec sa couleur de peau», a commenté Gabriel Leclerc.

Dans la même catégorie