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Entraînement militaire

La Corée du Nord refuse de nouvelles discussions sans amélioration de la situation

Agence France-Presse

La Corée du Nord a affirmé jeudi qu'elle n'engagerait pas de discussions avec Séoul dans l'état actuel des choses, qualifiant les responsables sud-coréens «d'ignorants et incompétents», au lendemain de l'annulation par Pyongyang d'une rencontre de haut niveau entre les deux pays.

Après des mois de rapprochement et de détente diplomatique, la Corée du Nord a opéré mercredi un spectaculaire retour à sa rhétorique traditionnelle, annulant une rencontre intercoréenne et évoquant la possibilité de remettre en cause le face-à-face historique entre Kim Jong-Un et le président américain Donald Trump prévu mi-juin à Singapour.

Pyongyang proteste ainsi contre l'exercice annuel Max Thunder, un entraînement militaire en cours entre Séoul et Washington dans la péninsule, qui implique une centaine d'avions des deux pays, dont des avions de chasse furtifs américains F-22 «Raptor», la bête noire de la Corée du Nord, qui voit dans ces appareils la menace de frappes chirurgicales.

«À moins que la situation préoccupante qui a abouti à la suspension des discussions nord-sud au plus haut niveau ne soit réglée, il ne sera pas facile de nous asseoir face à face avec le régime actuel en Corée du Sud», a déclaré jeudi le négociateur principal nord-coréen, Ri Son Gwon, cité par l'agence officielle KCNA.

«Les autorités sud-coréennes se sont révélées ignorantes et incompétentes, dépourvues du moindre sens commun à l'égard de la situation actuelle», a-t-il martelé.

Mercredi, l'agence officielle nord-coréenne avait qualifié l'exercice Max Thunder de «provocation brutale», l'interprétant comme un entraînement pour une invasion de la Corée du Nord.

Les hostilités entre Corée du Nord et Corée du Sud (1950-1953) se sont arrêtées après un cessez-le-feu, laissant le territoire divisé en deux pays, séparés par une zone démilitarisée. Les deux camps sont toutefois techniquement toujours en guerre.

Lors d'un sommet rarissime le mois dernier dans la zone démilitarisée, M. Kim et le président sud-coréen Moon Jae-in ont promis de chercher à conclure un traité de paix mettant formellement fin au conflit et ils ont réaffirmé leur engagement pour la «dénucléarisation totale» de la péninsule.

Pyongyang a passé des années à constituer son arsenal nucléaire, menant l'année dernière son sixième essai atomique, le plus puissant à ce jour. Ses ambitions militaires lui ont valu de multiples salves de sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU.

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