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42 millions $

L’argent du cannabis serait géré par les chefs de police

Taïeb Moalla | Le Journal de Québec

Les maires du Québec soupçonnent le gouvernement Couillard de vouloir les contourner dans le dossier du cannabis. Au lieu d’envoyer l’argent directement aux municipalités, Québec verserait plutôt le pactole aux chefs de police, s’étonnent fortement les élus municipaux.

«Mon directeur général [André Legault] vient me voir. Il me dit que l’information qu’il a, c’est que les 42 millions $ dévolus à la sécurité allaient passer par l’association des chefs de police. Ce serait eux autres qui décideraient ce qu’ils feraient avec l’argent ! Je lui ai dit: “Ça se peut pas, c’est impossible. J’ai jamais vu ça en 10 ans”», a relaté Régis Labeaume, hier.

Dans son dernier budget, le gouvernement du Québec a prévu d’accorder une enveloppe de 62 millions $, sur deux ans, aux municipalités pour gérer les conséquences de la légalisation prochaine du cannabis.

De cette somme, quelque 42 millions $ sont dévolus à la sécurité publique.

Le maire de Québec a soutenu que c’est l’Association des directeurs de police du Québec (ADPQ) qui a réclamé de pouvoir disposer elle-même de la somme de 42 millions $.

L’ADPQ, qui n’a pas rappelé «Le Journal de Québec», regroupe « tous les dirigeants des 29 organisations policières municipales, de la Sûreté du Québec, de la Gendarmerie royale du Canada et autres services de sécurité publique œuvrant au Québec », lit-on sur son site internet.

«La queue du chien»

«L’argent ne peut pas arriver dans une Ville par un de ses services, s’est scandalisé Alexandre Cusson, président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ). Le service de police relève du conseil municipal.»

Dans un style plus imagé, le maire de Québec a ajouté que «c’est pas la queue du chien qui va mener sa tête. Ça n’a aucun sens».

Mais comme il tient à garder une «saine distance» avec la police, M. Labeaume dit ne pas avoir discuté de ce sujet avec Robert Pigeon, chef du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ).

Affirmant que «les maires sont de mauvaise humeur», Régis Labeaume rappelle que cette affaire arrive paradoxalement dans un contexte où le gouvernement a fait adopter, au cours des derniers mois, plusieurs lois visant à renforcer l’autonomie des municipalités.

Les maires espèrent que cet irritant sera réglé aujourd’hui, puisque le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, doit rencontrer les dirigeants de l’UMQ. Hier, l’attachée de presse du ministre Coiteux n’a pas rappelé «Le Journal de Québec».

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