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Congrès de l’UMQ

Les maires veulent des élections municipales au printemps

Taïeb Moalla | Le Journal de Québec

Les maires pressent le gouvernement du Québec de reporter le prochain scrutin municipal au printemps 2022, au lieu de l’automne 2021. Cela permettrait aux nouveaux élus d’apprivoiser les rouages de l’administration municipale avant de prendre des décisions cruciales, plaident-ils.

C’est ce que le président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), Alexandre Cusson, et le maire Labeaume ont révélé hier au «Le Journal de Québec» au premier jour des Assises annuelles de l’Union.

Selon toute vraisemblance, les instances de l’UMQ devraient entériner cette exigence et en faire la demande formelle au gouvernement dans les prochaines heures.

Budget «presque perdu»

«Dans des municipalités, il arrive qu’il y ait des changements importants après les élections. Parfois, c’est tout le conseil municipal qui part et il y a de nouvelles personnes qui arrivent. L’assermentation des nouveaux élus se fait presque au même moment où la ville doit déposer un budget», a exposé M. Cusson.

D’après lui, «très souvent, le premier budget [post-élection] est le budget de l’administration. Les élus n’ont pas le temps d’arriver, de prendre leur place et de regarder ce qu’ils peuvent faire. Le premier budget est presque perdu».

Le trop court laps de temps - qui se compte parfois en jours - entre l’élection et le vote d’un premier budget peut être très nuisible aux municipalités. «Si tu n’as pas le temps de l’étudier, tu peux prendre des décisions qui ont de très grosses conséquences à long terme», a indiqué le maire Labeaume.

Problème démocratique ?

Dûment élus par la population, les maires et les conseillers détiennent un mandat électoral de quatre ans. Est-il juridiquement et éthiquement possible d’y ajouter six à sept mois en cours de route ?

«Six mois de plus, ce n’est rien à côté de ce qu’on prolonge aux élections scolaires d’année en année», a répondu M. Cusson.

Pour le maire Labeaume, «l’essentiel est de changer ça. Si ce n’est pas pour la prochaine élection, ça peut être pour celle d’après», a-t-il suggéré. Ce dernier a également admis que le système actuel donne «un net avantage» aux maires réélus par rapport aux conseillers d’opposition fraîchement arrivés en poste.

À l’automne

MM. Cusson et Labeaume ont noté que les élections fédérales et provinciales se déroulent désormais à date fixe, à l’automne. D’après eux, cela n’est pas étranger au fait que les budgets des gouvernements supérieurs sont déposés à la fin de l’hiver ou au début du printemps.

«S’ils n’ont pas mis les élections à date fixe en février, c’est parce qu’ils savent qu’ils ont un budget à déposer en mars», ont-ils insisté.

Gilles Lehouillier n’est plus trésorier de l’UMQ

Disant vouloir se consacrer à Lévis et au dossier du troisième lien, le maire Gilles Lehouillier n’est plus deuxième vice-président ni trésorier de l’Union des municipalités du Québec (UMQ).

«Je demeure membre du comité exécutif [de l’UMQ]. Je vais peut-être m’occuper de quelques comités. Mais au fond, je veux me consacrer entièrement à ma ville, et en particulier au dossier du troisième lien», a-t-il indiqué, hier, au «Le Journal de Québec», au premier jour des Assises de l’UMQ.

D’ici une semaine ou deux, Lévis déposera formellement «plusieurs questions» au bureau de projet du troisième lien.

«Le devis est trop flou et trop large», a répété M. Lehouillier.

Rencontre des élus

Aux dernières nouvelles, la rencontre politique des élus, réclamée depuis des semaines par le maire de Lévis dans le dossier du troisième lien, n’aura pas lieu, a-t-il ajouté.

Sans surprise, Alexandre Cusson, maire de Drummondville, a été reconduit hier à la tête de l’UMQ.