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Pipeline controversé

Trudeau défend sa volonté d'indemniser Kinder Morgan

Agence QMI

Critiqué pour avoir émis un «chèque en blanc» à une pétrolière américaine, Justin Trudeau a défendu jeudi la volonté d’Ottawa d’indemniser Kinder Morgan pour ses pertes liées à la crise politique entourant le projet de pipeline Trans Mountain.

«Ce qu’on a proposé, c’est un genre de police d’assurance pour mitiger les risques politiques qui semblent préoccuper la compagnie», a souligné le premier ministre du Canada, en conférence de presse à New York.

Défendant la viabilité de ce projet «d’intérêt national», M. Trudeau a rappelé que le Canada perdait 15 milliards $ par année en étant forcé de vendre son pétrole au rabais sur le marché nord-américain.

La «police d’assurance» du gouvernement a été dénoncée mercredi par tous les partis d’opposition comme une utilisation malavisée des fonds publics. «Les libéraux donnent un chèque en blanc à une compagnie pétrolière du Texas. Ce sont des profits privés, et des risques publics», s’est par exemple insurgé le chef néo-démocrate, Jagmeet Singh.

«Il y a des alternatives»

Devant l’incertitude causée par l’opposition de la Colombie-Britannique, Kinder Morgan a suspendu en avril tous ses investissements «non-essentiels» dans le plan d’expansion du pipeline évalué à 7,4 milliards $, en plus de fixer la date-butoir du 31 mai pour qu’une sortie de crise soit trouvée.

Si la compagnie venait à abandonner le projet, l’offre d’indemnisation du fédéral serait étendue à tout autre investisseur intéressé.

«Nous savons qu’il y a des alternatives si Kinder Morgan se retire», a assuré Justin Trudeau, sans élaborer. Pour l’heure, le gouvernement n’est toutefois pas à la recherche de nouveaux investisseurs et demeure confiant de s’entendre avec la compagnie texane d’ici le 31 mai.

La tension monte

Pendant ce temps, la dispute mène à une escalade des tensions de part et d’autre des Rocheuses. Alors que la Colombie-Britannique et de nombreuses communautés autochtones tentent de freiner le projet, l’Alberta menace de mettre fin à ses livraisons de carburant en direction de son voisin.

Le gouvernement albertain a adopté mercredi son projet de loi 12 qui leur permettrait, selon la première ministre Rachel Notley, de «fermer le robinet».

Justin Trudeau a refusé de condamner l’initiative albertaine. «On a bien des avocats au Canada qui vont sûrement se prononcer sur la constitutionnalité ou la légalité de ce projet de loi», a-t-il réagi, ajoutant que son travail était de voir à la collaboration entre les provinces.

Cela n’a pas empêché son gouvernement de cibler et critiquer le premier ministre britanno-colombien, John Horgan, dans sa volonté de faire valoir sa compétence environnementale sur le projet d’oléoduc. Le ministre des Finances, Bill Morneau, avait qualifié la veille le comportement de M. Horgan «d’anticonstitutionnel».

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