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Financement

Universités: Québec mise sur les étudiants étrangers

Patrick Bellerose | Journal de Montréal

PHOTO SIMON CLARK

À compter de l’automne 2019, les universités du Québec pourront imposer les tarifs de leur choix aux étudiants étrangers et ainsi injecter de l’argent neuf dans le réseau.

La ministre responsable de l’Enseignement supérieur, Hélène David, en a fait l’annonce jeudi en présentant sa réforme du financement des universités.

Jusqu’ici, les étudiants internationaux (sauf les Français) payaient un montant forfaitaire en plus des droits de scolarité. Désormais, les établissements pourront imposer le montant de leur choix, comme c’est déjà le cas dans six domaines d’étude (dont le génie et l’administration) où les étudiants paient en moyenne 15 000 $ annuellement.

La déréglementation touchera environ 6400 étudiants étrangers actuels.

Cette approche permettra «d’augmenter les revenus provenant des droits de scolarité des étudiants internationaux pour le réseau universitaire, tout en diminuant les coûts assumés par l’État», affirme la nouvelle Politique québécoise de financement des universités.

Financement pour les francos

Pour éviter d’accorder un avantage indu aux établissements anglophones sur le marché international, Québec accordera 9000 $ par étudiant recruté à l’étranger, jusqu’à concurrence de 22,8 millions $.

Le gouvernement espère hausser ainsi de 15 % le nombre d’étudiants internationaux dans les universités francophones du Québec, soit 2 500 personnes supplémentaires.

Les Belges francophones, eux, bénéficieront désormais du même tarif que les Français et les étudiants canadiens hors Québec.

En point de presse, la ministre David a fait valoir que l’OCDE prévoit une hausse importante du nombre d’étudiants qui iront se former à l’étranger au cours des prochaines années. «Il faut que le Québec tire son épingle du jeu là-dedans», dit-elle.

Pas question, toutefois, de toucher aux droits de scolarités des étudiants québécois, après la crise sociale du printemps 2012. «C'est l'indexation, a assuré la ministre David. Je pense qu'on a un très bel équilibre en ce moment, puis on a une paix sociale.»

Réforme du financement

Cette déréglementation s’inscrit dans le cadre d’une réforme plus large du financement ayant notamment mené à l’abolition de 13 enveloppes d’allocations spécifiques qui venaient s’ajouter au financement de base.

Au fil des ans, «on fait une petite patch ici, une petite patch là, finalement, des patchs, il y en avait pour un joyeux paquet d'argent», a illustré Hélène David.

La ministre a également profité du point de presse pour annoncer une modification réglementaire qui encadrera les futurs contrats de rémunérations des recteurs. Finies, donc, les adhésions à des clubs privés, les frais des déplacements pour les conjoints ou les services de domestiques.

Québec conservera désormais 25 % du salaire des hauts dirigeants d’un établissement jusqu’à ce qu’ils aient démontré qu’ils respectent les nouvelles règles d’encadrement de la rémunération. «S'ils sont obéissants, on va leur donner le 25 %», dit Hélène David.

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