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Faute d’aide financière pour un organisme

De plus en plus de femmes itinérantes à la rue

Harold Gagné | TVA Nouvelles

De plus en plus de femmes sans-abri vont se retrouver à la rue parce qu'il n'y a pas suffisamment de places pour les abriter à Montréal et parce que des lits d'urgence vont être fermés à La rue des Femmes pendant les six prochains mois faute d'aide financière.

L'organisme La rue des Femmes lance un cri du coeur pour aider ces personnes très vulnérables comme Claudette qui a accepté de se confier à TVA Nouvelles.

La femme de 68 ans est sans-abri. Elle a tout perdu à cause de problèmes financiers. Le seul endroit où elle a pu se réfugier c'est à La rue des Femmes, un organisme qui aide annuellement 600 personnes. Mais au cours des prochaines heures, elle risque de se retrouver encore une fois à la rue parce que dix places ne seront plus utilisables dans ce centre faute d'une aide financière supplémentaire. Et dire qu'elle croyait avoir trouvé la paix il y a trois jours en sortant d'un bref séjour à l'hôpital.

«J'avais téléphoné partout et il n'y avait pas de place. Je me suis dit, si je sors de l'hôpital  pour me retrouver dans un parc, je ne sais pas ce qui va m'arriver. Tu penses au suicide», se désole Claudette.

«On n'arrive pas à placer les femmes dans d'autres hébergements, explique Anne-Gaël Whiteman de La maison des Femmes. Tout est plein partout. Les femmes supplient tous les centres d’hébergement de les prendre. Elles nous demandent dans quelle ruelle sécuritaire elle pourrait aller dormir la nuit.»

En raison de la demande, les femmes ne peuvent pas demeurer ici en permanence et doivent quitter au bout de trois jours. Elles peuvent ensuite revenir quatre jours plus tard s'il y a de la place. Entretemps, elles dorment souvent dehors dans des ruelles, des parcs ou près d'édifices, comme Dominique Martel.

«On a l'habitude de venir dormir ici. On est trois, quatre. Au moins on est en sécurité, nous dit-elle. Vous vous tenez en gang? Oui trois, quatre sinon c'est dangereux, répond Guylaine. Tu peux te faire violer, tuer même.»

Pour éviter les agressions, elles se réfugient souvent la nuit près du guichet automatique d'une banque au centre-ville.

Elles ont peur. Elles ont pour la plupart déjà été agressées. Claudette ne compte plus les fois.

«Encore récemment, j'ai mangé deux, trois claques. Par un homme? Oui, il pensait que j'avais de l'argent dans ma sacoche. Tu dors sur un banc de parc à 3 heures le matin, tu n'es pas à l'abri.»

Toutes ces femmes ont de graves problèmes de toxicomanie et de santé mentale.

La rue des Femmes demande une aide d'urgence au ministère de la Santé. «On évalue à environ 30 000 par mois le montant nécessaire, dit la directrice générale de l'organisme, Léonie Couture.»

Il faudrait donc 180 000 dollars pour les six prochains moins afin de payer entre autres les salaires des intervenantes. Le temps presse.

«On fait déjà de 20 à 30 refus d'admission en lit d'urgence par jour, nous confie Ann-Gaël Whiteman. Toutes ces femmes  s'en vont dans la rue. C'est épouvantable!»

Il y a quelques jours alors qu'elle était dans un parc, des enfants sont venus voir Dominique.

«Ils m'ont demandé pourquoi je dormais dehors alors que les adultes ne le font pas.»

Dominique aimerait que les adultes retrouvent leur coeur d'enfant pour les aider.