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Animateur de «Face à la rue»

«Beaucoup de choses guérissent en moi» - Jean-Marie Lapointe

Marie-Claude Doyle | Agence QMI

ART-PRIX-ARTISTES POUR LA PAIX

TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

Après une première saison couronnée de succès, Jean-Marie Lapointe lève à nouveau le voile sur l’itinérance dans la deuxième saison du docuréalité «Face à la rue», diffusé le mardi à 21 h à MOI ET CIE. Entretien avec un homme au grand cœur, qui a les pieds bien ancrés dans la réalité.

Se lancer dans le vide, c’est pas mal ce que Jean-Marie Lapointe et son équipe ont fait en préparant la deuxième saison de «Face à la rue». «Une émission comme ça ne se scénarise pas. On ne peut pas deviner ce qui va se passer», relate le principal intéressé.

La souffrance humaine

Si, lors de la diffusion de la première saison, Jean-Marie Lapointe a réussi à faire changer notre perception de l’itinérance, bien des choses ont également changé pour lui.

«Mes souffrances, la toxicomanie dans ma famille, j’ai l’impression de les voir dans la rue. J’ai l’impression que beaucoup de choses guérissent en moi. Et je me rends compte que dans cette émission, je ne suis pas un animateur qui rencontre un gars dans la rue; je suis un gars qui souffre et qui rencontre un autre être qui souffre; et alors, deux personnes s’aident mutuellement à guérir quelque chose. Ça m’aide à comprendre encore plus la souffrance humaine et à voir qu’elle a plusieurs visages.»

Des visages d’une réalité qu’on retrouve à Montréal, mais également en région. C’est pour ça qu’à la deuxième saison, qui vise à comprendre les raisons pour lesquelles certaines personnes choisissent de vivre dans la rue et la difficulté de se sortir de l’itinérance, deux émissions ont été tournées à Val-d’Or où non loin vit une communauté autochtone.

«Les gens des Premières Nations ont été ostracisés, violés, abusés, battus. On voulait changer notre regard sur l’itinérance de certains d’entre eux. On voulait surtout avoir accès à cette communauté, à cette autre réalité. Et on a maintenant ouvert une autre porte.

S’il y a une saison 3, on aimerait aller ailleurs en région.»Une compétition en Hongrie

À 52 ans, Jean-Marie Lapointe peut dire qu’il a la cinquantaine heureuse.

«J’ai une belle carrière qui a été relancée par mes conférences et la saison 1 de «Face à la rue». Je suis dans une belle période de ma vie. Je fais ce que j’aime et j’aime ce que je fais. Je suis extrêmement privilégié. J’essaie d’en être conscient le plus possible et de toujours garder mes deux pieds dans la réalité, dans le bénévolat, les projets humanitaires, les aventures qui me sortent de ma zone de confort.»

Jean-Marie fait entre autres des compétitions de bateau-dragon depuis 2005.

Elles le mèneront en Hongrie à la mi-juillet, où il compétitionnera dans une équipe mixte, formée de 10 gars et 10 filles, et une équipe masculine regroupant 20 gars.

«On a été sélectionnés pour le championnat mondial en Hongrie, parce que, l’année passée, on a été les champions canadiens de notre division. Il va falloir nous battre contre les meilleurs de chaque autre pays participant.»

Puis en octobre, il partira en Inde pour la première fois. «C’est un beau voyage avec un petit groupe. Ça faisait longtemps que je voulais y aller. J’avais déjà essayé il y a quelques années, mais ça n’avait pas fonctionné. J’y serai un peu plus de deux semaines pour avoir le temps de décrocher un peu.»

Papa bien entouré

On ne pouvait terminer l’entrevue sans lui demander des nouvelles de son père, Jean Lapointe. «Papa a 82 ans. Il a eu des problèmes de santé, mais il va bien maintenant et se repose. Il n’est pas actif comme il l’a déjà été... À 82 ans, il n’a plus l’énergie qu’il avait dans le temps. Mais chaque fois qu’on se voit, papa a toujours la jasette et il est fier de la série

«Face à la rue et du livre (Être face à la rue)». Il est tranquille et ça fait du bien. Il a déjà été assez tannant, alors il peut rester tranquille! (rires) Il n’a pas eu la vie facile. Il a vécu beaucoup de deuils, mais là, il est bien entouré et on lui donne beaucoup d’amour.»