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Commission Viens

Certaines femmes autochtones pourraient ne pas témoigner

David Prince | Agence QMI 

Les femmes autochtones qui ont allégué avoir subi des abus sexuels et physiques de policiers de Val-d’Or pourraient ne pas témoigner à la commission Viens, mise en place après que le DPCP eut annoncé ne pas avoir assez de preuves pour porter des accusations.

En octobre 2015, la diffusion d’un reportage de l’émission Enquête de Radio-Canada avait déclenché une crise sociale à Val-d’Or, en Abitibi, en présentant plusieurs témoignages de femmes autochtones qui racontaient avoir été victimes d’agressions sexuelles et physiques de la part de policiers de la Vallée-de-l’Or.

Commission d’enquête

Sous pression après que le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) eut annoncé ne pas avoir assez de preuves pour poursuivre les policiers, le gouvernement Couillard a créé la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics, dirigée par le juge à la retraite Jacques Viens.

Aujourd’hui, un an après le début des audiences, «Le Journal de Montréal» a appris qu’il est fort probable que les femmes qui ont dénoncé des abus ne témoignent pas.

«Nous sommes en contact avec elles depuis un certain temps. C’est un dossier chaud. Il faut prendre notre temps. Pour l’instant, elles ne souhaitent pas témoigner. On respecte le choix de chaque individu de témoigner ou non», a dit le responsable des communications à la commission Viens, Benoit Bigué-Turcotte.

Une des femmes avait notamment déclaré à Enquête avoir reçu 200 $ pour faire une fellation à plusieurs policiers, 100 $ pour le service et 100 $ pour qu’elle se taise.

Une autre racontait avoir été agressée au poste de police par un agent.

Le SPVM s’en mêle

Au lendemain de ces allégations qui avaient choqué tout le Québec, le gouvernement Couillard avait mandaté la police de Montréal (SPVM) pour enquêter sur les allégations et les agissements des policiers de la Sûreté du Québec à Val-d’Or.

Huit agents avaient été suspendus. Deux d’entre eux ont été rapidement blanchis, car ils ne travaillaient pas à Val-d’Or au moment où les femmes disaient avoir été agressées.

Hier, l’observatrice indépendante nommée par Québec pour s’assurer que l’enquête du SPVM soit réalisée dans les normes, Me Fannie Lafontaine, a témoigné à la commission Viens.

Enquête «impartiale»

Celle qui a eu accès à toute la preuve a qualifié l’enquête d’intègre et d’impartiale et «menée selon les plus hauts standards».

«Une enquête criminelle est essentielle, mais insuffisante en soi pour faire la lumière sur des pratiques plus systémiques, sur des schèmes de comportement qui peuvent sous-tendre les allégations», a-t-elle dit.

Après la première phase de l’enquête indépendante du SPVM, en novembre 2016, le DPCP avait déjà analysé 38 dossiers, dont 15 de nature sexuelle. Dans 19 d’entre eux, les femmes n’étaient pas en mesure d’identifier personne.

Deux policiers de la Côte-Nord avaient cependant été accusés, dont un s’est par la suite enlevé la vie.

Une autre phase de cette enquête qui est toujours en cours a mené à 55 plaintes, dont 54 ont été récemment soumises au DPCP, qui n’a toujours pas annoncé s’il déposerait des accusations.

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