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Palais de justice de Saint-Jérôme

Entre 14 ans et aucune détention pour avoir défiguré son ex

Dave Parent | Agence QMI

ILLUSTRATION DELF BERG

La Couronne réclame 14 ans de prison et la défense trois ans de probation pour un homme qui a enlevé, séquestré et défiguré son ex-conjointe.

La Couronne et la défense ne voient pas la gravité des gestes posés par Mathieu Bougie de la même façon. Dans le cadre des représentations sur sentence qui se déroulaient lundi au palais de justice de Saint-Jérôme, la défense a proposé une probation de trois ans au cours de laquelle Bougie devrait s'inscrire à une thérapie en gestion de la colère en plus d’être suivi par un psychologue. Quelque 240 heures de travaux communautaires lui seraient également imposées. Il faut dire que l’accusé est déjà en prison depuis son arrestation il y a quatre ans et cinq mois.

La Couronne réclame plutôt de 12 à 14 ans de pénitencier.

«Il a été évalué par un psychiatre de Pinel, qui en est arrivé à la conclusion que compte tenu de sa personnalité, de sa justification sur les éléments et de plusieurs autres circonstances, il représente un risque élevé de récidive pour la société», précise la procureure de la Couronne Me Ariane Lacasse.

Souvenir douloureux

Mélanie Côté avait laissé son conjoint violent en juillet 2013 et elle avait quitté Deux-Montagnes pour emménager à Trois-Rivières. C’est là que Mathieu Bougie l’a enlevée en janvier 2014, en lui enfonçant un couteau à travers la bouche devant les yeux de son enfant de 13 mois.

Mathieu Bougie a ramené ses deux victimes à Deux-Montagnes où il les a séquestrées pendant six heures.

Une amie inquiète de ne pas avoir de nouvelles de Mme Côté a contacté les policiers. Ceux-ci ont géolocalisé le cellulaire de la jeune femme et ont réussi à la libérer.

Décision le 19 juin

Le juge Carol Richer décidera de la sentence le 19 juin.

La victime, Mélanie Côté, souhaite pouvoir enfin passer à autre chose.

«Je ne peux pas tourner la page. Alors peut-être que la semaine prochaine, je vais enfin pouvoir la tourner. Malheureusement, c’est seulement une page que je tourne, le livre ne se fermera jamais, alors on y va une journée à la fois», dit la femme qui redoute plus que tout le moment où son ex sortira de prison.

Peu de remords

Mathieu Bougie, qui a déjà fait de la prison pour des gestes similaires, ne semble pas éprouver de remords. La Couronne souligne qu’il ne s’est pas inscrit à des thérapies en prison malgré les quatre années passées en détention préventive.

En décembre 2017, il a soumis à la cour une lettre d’excuses adressée à ses victimes.

«Trop peu trop tard», a lancé la procureure de la Couronne soulignant qu’il avait eu quatre ans pour présenter des excuses et qu’il a cru bon les présenter alors que le prononcé de la sentence approchait.

- Avec la collaboration de monjournal.ca