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Montréal

Il aurait laissé son bébé avec un pitbull

Michaël Nguyen | Agence QMI

Un père accusé d’avoir laissé son bambin chez ses parents avec un pitbull, qui aurait mordu le petit, a commencé à subir son procès pour négligence criminelle, lundi.

«[L’accusé] a failli à ses obligations parentales en laissant son bébé sous la garde [des personnes dans le logement] alors qu’il savait qu’un chien dangereux s’y trouvait», a expliqué d’entrée de jeu la procureure Anne-Marie Emond, lundi au palais de justice de Montréal.

L’accusé de 26 ans, que l’on ne peut identifier afin de respecter l’anonymat du petit garçon de 2 ans, fait face à une accusation de négligence criminelle causant des lésions ainsi qu’à celle de ne pas avoir fourni les choses nécessaires à la vie du bébé durant la journée du 15 septembre 2016.

Morsure

Ce jour-là, l’accusé s’était rendu chez ses parents qui sont propriétaires de Rocky, un chien mâle de type terrier pitbull. Plusieurs membres de la famille étaient sur place quand, selon nos informations, le père s’est absenté pour aller acheter des couches.

Mais en revenant sur les lieux, il a réalisé que Rocky avait mordu son enfant et que la police avait été appelée.

«Ça semblait s’être passé dans la cuisine, il y avait un peu de chaos», a témoigné une enquêteuse à la cour lundi, une semaine après que le gouvernement du Québec eut renoncé à interdire les pitbulls dans la province.

Euthanasie

Le bambin avait été emmené à l’hôpital pour des points de suture tandis que le chien avait été pris en charge par l’escouade canine de la Ville de Montréal pour être amené au refuge Berger blanc.

Deux semaines plus tard, à la demande des policiers, des vétérinaires ont évalué la dangerosité du chien. Le hic, c’est que Rocky a ensuite été euthanasié, empêchant la défense de faire sa propre expertise.

Or, selon l’avocate de la défense, Nada Boumeftah, la question de la dangerosité de l’animal est cruciale dans ce procès. Ainsi, elle ne demande rien de moins que l’arrêt des procédures pour son client.

«Dans de telles circonstances, la poursuite des procédures entraînerait [...] un abus de procédure et discréditerait l’administration de la justice», a-t-elle affirmé

Sa demande, présentée devant la juge Nathalie Duchesneau, se poursuit demain.