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Gaz à effet de serre

Montréal pourrait ne pas atteindre sa cible

Sarah Daoust-Braun | Agence QMI

Joel Lemay/Agence QMI

Si elle ne met pas à jour son plan de réduction, Montréal risque de ne pas atteindre d’ici 2020 sa cible de réduction de 30 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) par rapport au niveau de 1990, selon les conclusions d’un rapport de la Ville.

Un suivi du «Plan de réduction des émissions de gaz à effet de serre de la collectivité montréalaise 2013-2020», adopté en 2013, sera déposé mercredi au comité exécutif.

En analysant l’état d’avancement en 2017, les auteurs du rapport préviennent l’agglomération de Montréal qu’elle ne serait pas en voie d’atteindre sa cible de réduction, fixée en 2005. «En effet, on observe, depuis 2013, une accélération de la motorisation des ménages, une hausse des cylindrées et une diminution de la part modale du transport collectif, et ce, malgré les investissements importants consentis depuis 2013 pour maintenir et augmenter l’offre du transport collectif», est-il écrit.

En 2014, la réduction des GES atteignait 23 % par rapport à 1990. Deux secteurs ont eu des augmentations d’émissions, soit ceux des transports (14% entre 1990 et 2014) et des procédés industriels et utilisation de produits (76% entre 1990 et 2014). Les émissions de GES ont diminué dans la plupart des autres secteurs d’activité.

Selon le document, il est raisonnable de supposer que les émissions de gaz dans le secteur du transport ont augmenté depuis 2014 et que l’écart de cible de réduction pourrait donc être accentué si la tendance se maintient.

Mise à jour

Après avoir analysé l’avancement des pistes de solution du plan de réduction de 2013, le rapport recommande fortement une mise à jour de celui-ci. On note que le progrès de trois cibles sur 13, liées au transport, sont «stables ou en recul» en 2017 par rapport aux cibles 2013-2020.

Par exemple, on proposait dans ce plan de diminuer la consommation moyenne en essence des véhicules légers vendus en 2020 à 6 litres par 100 km, alors qu’en 2016, ce taux est à 9,6 litres par 100 km.

On suggérait aussi de stabiliser le nombre de véhicules par ménage à 0,79, alors que ce taux a atteint 0,889 en 2016. Pour atteindre cette cible, il faudrait réduire d’environ 88 000 le nombre de véhicules sur le territoire de l’agglomération.

La mise à jour, qui devra se faire avec l’ensemble des acteurs de la collectivité, pourra tenir compte de 11 orientations potentielles d’ici 2030, comme l’instauration de mesures dissuasives aux véhicules énergivores et la pénalisation de l’immatriculation de plus d’un véhicule non électrique par ménage.

La métropole s’est aussi engagée en 2015 à réduire de 80% ses émissions de GES d’ici 2050 par rapport à 1990, avec une cible intermédiaire pour 2030.

Le rapport prévient que les indicateurs partagés ne font pas nécessairement «un portrait complet de la lutte contre les changements climatiques dans l’agglomération de Montréal» et que ce qui a été colligé doit être considéré à titre indicatif.