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Création d'une fiducie

Labeaume incite le diocèse à protéger le patrimoine religieux

Stéphanie Martin | Agence QMI

La Ville de Québec créera une fiducie pour la préservation du patrimoine religieux. Avec le gouvernement, elle mettra 3 millions $ par année dans la cagnotte et incite d’autres, particulièrement le diocèse, à faire leur part.

«Le modèle actuel ne fonctionne plus», a déclaré le président du comité formé en décembre dernier, John R. Porter.

C’est pourquoi il propose de mettre en place une fiducie, qui serait dotée de 30 millions $ sur 10 ans. Elle aurait entre autres le mandat de gérer cet argent et de le redistribuer pour la préservation des lieux de culte. La fiducie pourrait devenir propriétaire des églises.

Mais ces sommes ne sont pas suffisantes pour couvrir les besoins des huit églises à haute valeur patrimoniale. C’est pourquoi le comité recommande la création d’un fonds, auquel le diocèse sera incité à participer en versant une «part significative» des revenus de la vente des églises.

Un certain pouvoir

Sans aller jusqu’à dire que les sommes seront retenues si le diocèse ne contribue pas, le maire de Québec, Régis Labeaume, a laissé entendre que cela pouvait être très incitatif.

«Si la fiducie a 30 millions $, elle a un certain pouvoir. Ce sera à ces gens-là (de la fiducie) de s’asseoir avec le diocèse et de dire : “On a la charge de gérer ces sommes. On n’est pas obligé de sortir 3 millions $ par année”.»

Le maire a d’ailleurs affirmé que lors de la vente de Saint-François-d’Assise, le revenu est retourné directement dans les poches du diocèse. Et quand le clocher de l’église Saint-Sauveur menaçait de tomber, c’est la Ville qui a dû «casquer».

«C’est 600 quelques mille dollars, alors qu’il n’y a personne qui a pris sa responsabilité. Moi, je commence à avoir mon voyage. Je vous le dis, là. À un moment donné, il faut qu’il se passe quelque chose. Il y a des limites à ce que la Ville peut faire.»

«On en fait beaucoup»

Au diocèse, le vicaire général, Marc Pelchat, a tenu à «relativiser» l’importance des ventes de bâtiments religieux. «Il y a parfois des montants importants. Parfois, c’est pour une somme nominale de 1 $.» Le diocèse a investi 4,5 millions $ depuis 10 ans sur les sept églises patrimoniales qui lui appartiennent. «Je ne dis pas qu’on ne peut pas en faire plus, mais on en fait déjà beaucoup.»

Mgr Pelchat a rectifié l’information sur la vente de Saint-François-d’Assise. La somme de 600 000 $ est revenue à la paroisse et a servi en grande partie à éponger des dettes.

Le diocèse est généralement satisfait du rapport et des recommandations du comité.