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D'Alys Robi à Louis Cyr

L’art de (re)donner vie à des gens connus au cinéma

Yan Lauzon | Agence QMI

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S’il y a bien un pari risqué pour un acteur de cinéma, c’est celui de prêter ses traits à une personnalité connue, peu importe son domaine. Le Québec n’y échappe pas. La plus récente à avoir relevé le défi avec brio est Debbie Lynch-White qui est récemment devenue La Bolduc. Mais avant elle, plusieurs autres vedettes du grand écran québécois ont cru bon de tenter leur chance.

Luc Picard en «Moïse» Roch Thériault

Luc Picard en «Moïse» Roch Thériault

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Oubliez le côté gentil que vous connaissez de Luc Picard. En tant que gourou d’une secte pour «Moïse: l’affaire Roch Thériault», un film paru en 2002, il est un homme contrôlant qui exploite femmes et enfants. Que ce soit par la violence physique ou psychologique, tous les moyens étaient bons pour Roch Thériault de mener la vie comme il l’entendait. Cheveux longs, grosse barbe et moustache, regard perçant et manipulation à donner froid dans le dos; Luc Picard est effrayant à plusieurs égards. En plus de tenir les gens sous son emprise, il est habilement parvenu à garder un intérêt soutenu des cinéphiles.

Pascale Bussières dans la peau d’Alys Robi

Pascale Bussières dans la peau d’Alys Robi

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Bien avant le film sur La Bolduc, Pascale Bussières a aidé à raconter la vie mouvementée de la chanteuse Alys Robi dans le film «Ma vie en cinémascope» (2004). Sous la direction de Denise Filiatrault, l’actrice a reçu un important vote de confiance qui lui a permis de pousser la chansonnette et de se trémousser, notamment sur les airs de «Tico, Tico» et «Besame mucho». Grâce à la qualité de son jeu, Pascale Bussières a été couverte d’éloges, mettant la main sur les prix Jutra et Génie décernés à la meilleure de sa profession en 2005. L’aventure a également été un succès au box-office, seule la comédie de Guy A. Lepage «Camping sauvage» parvenant à faire mieux que ce drame biographique et musical.

Céline Bonnier, une criminelle nommée Monica Sparvieri

Céline Bonnier, une criminelle nommée Monica Sparvieri

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Quand Céline Bonnier se transforme en Monica Sparvieri dite «Monica la Mitraille» et mène des activités criminelles, on l’écoute. En plein quartier Centre-Sud à Montréal durant les années 1960, la criminelle notoire a fait la pluie et le beau temps, s’amourachant au passage de plusieurs hommes. Céline Bonnier n’a eu aucune difficulté à nous entraîner dans cet univers où le crime est maître et où on n’hésite pas à avoir recours aux armes à feu. Appuyée entre autres par Roy Dupuis (son amoureux dans la vraie vie à l’époque) et Patrick Huard, l’actrice a réussi à nous faire croire sans peine qu’elle était la célèbre braqueuse de banques.

Roy Dupuis alias Maurice Richard

Roy Dupuis alias Maurice Richard

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Plusieurs ont sourcillé quand l’annonce a été faite que Roy Dupuis, l’un des hommes les plus sexy de la province, avait été choisi en 2005 par le réalisateur Charles Binamé pour devenir Maurice Richard, le célèbre joueur de hockey du Canadien de Montréal. Pourtant, Roy Dupuis connaissait déjà la vie du «Rocket», l’ayant entre autres incarné le temps de la minisérie «Maurice Richard: Histoire d’un Canadien». Remplacé sur la glace par l’attaquant Vincent Lecavalier, il n’en a pas moins enfilé le chandail du Tricolore avec assurance. Les critiques et le public ont salué ce choix si bien que le film a généré près de quatre millions $ de recettes au box-office québécois en plus de permettre à l’équipe de gagner neuf prix Génie.

Sébastien Ricard chante Dédé

Sébastien Ricard chante Dédé

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Le suicide de Dédé Fortin, le meneur du groupe Les Colocs», en l’an 2000, a longtemps fait jaser. Et pour cause, car l’artiste a créé un univers unique où les mots se marient habilement à la musique. Il fallait donc choisir avec soin ce qui allait lui redonner vie devant les caméras de «Dédé à travers les brumes», une réalisation de Jean-Philippe Duval proposée en 2009. Ce dernier a jeté son dévolu sur un artiste dont l’élocution pouvait prolonger l’héritage musical de Dédé: Sébastien Ricard, qui avait déjà fait ses preuves au sein du groupe Loco Locass. Outre le travail intense lié à de nombreuses scènes, l’acteur a posé sa voix sur un album costaud de reprises des Colocs. Parmi elles, les incontournables «Julie» et «La rue principale». Téméraire, vous dites?

Michel Côté à la place du commandant Piché

Michel Côté à la place du commandant Piché

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Connu pour ses nombreux succès comiques, Michel Côté a aussi un flair pour la tension dramatique. À l’aise au sol comme dans les airs, le populaire acteur s’est glissé dans la peau du commandant Robert Piché qui est devenu un héros de l’aviation après avoir réussi un atterrissage d’urgence aux Açores, en 2001. Vedette du long métrage «Piché: entre ciel et terre», Michel Côté a permis à ce film de garder une bonne altitude et d’amasser plus de 3,5 millions $ sur les écrans des cinémas québécois en 2010, n’ayant ainsi rien à envier aux superproductions hollywoodiennes. La prestance de Michel Côté – qui partage ce rôle avec son fils Maxime Le Flaguais – y est sans aucun doute pour quelque chose.

Patrick Drolet au piano d’André Mathieu

Patrick Drolet au piano d’André Mathieu

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Sous la direction de Luc Dionne – aussi scénariste pour l’occasion – et au piano d’André Mathieu sur le plateau du drame «L’enfant prodige» (2010), Patrick Drolet s’est lancé dans l’exploration de l’œuvre du regretté musicien virtuose surnommé le «Mozart québécois». À Paris, à New York ou au Québec, tout jeune (Guillaume Lebon) ou devenu adulte (Patrick Drolet), André Mathieu a fait danser les touches de son instrument avec grâce. Il n’a par contre pas eu une vie facile pour autant et c’est en partie ce qui ressort du long métrage et de l’interprétation.

Mario Saint-Amand devient Gerry Boulet

Mario Saint-Amand devient Gerry Boulet

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La voix rauque de Mario Saint-Amand le prédestinait à monter sur scène afin de rendre hommage à Gerry Boulet. Le long métrage «Gerry» d’Alain Desrochers lui a offert une chance en or d’immortaliser sa transformation réussie. L’acteur, qui l’a saisie à pleines mains, n’a fait qu’un avec le leader d’Offenbach et le rockeur intense qui a embrassé avec succès une carrière solo grâce à des chansons comme «Toujours vivant», «Les yeux du cœur» et «Un beau grand bateau». La ressemblance est particulièrement frappante sur scène. Preuve que Gerry Boulet n’avait pas quitté la mémoire des Québécois 20 ans après son décès, le film s’est classé au quatrième rang du plus grand nombre d’entrées dans les cinémas par un film d’ici en 2011.

Antoine Bertrand: appelez-le Monsieur Louis Cyr

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Sur ses larges épaules, Antoine Bertrand a réussi avec panache à porter le film de 2013 «Louis Cyr: l’homme le plus fort du monde» tourné par Daniel Roby. Son portait à la fois touchant et convaincant de Louis Cyr, détenteur de plusieurs records de force physique, a ravi. Avec ses gros muscles, il a su tirer un impressionnant nombre de cinéphiles en salle, laissant les autres longs métrages québécois loin derrière avec un total de plus de quatre millions $ de recettes. L’aventure couronnée de succès s’est poursuivie aux Jutra en 2014 comme en font foi les neuf prix décernés aux artistes et artisans du film. Un vrai triomphe.

Mylène Mackay, réincarnation de Nelly Arcan

Mylène Mackay, réincarnation de Nelly Arcan

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Écrivaine controversée dès la sortie de «Folle», son premier roman, Nelly Arcan a mis fin à ses jours en se pendant dans son appartement du Plateau Mont-Royal alors qu’elle avait 36 ans. Avec cinq œuvres littéraires à son actif, mais aussi des chroniques coup de poing, l'auteure a habilement joué avec les mots pour provoquer et dénoncer. Au cinéma, c’est la jeune Mylène Mackay, dans «Nelly» (2016) d’Anne Émond, qui a accepté de relever le défi de montrer les multiples facettes de Nelly Arcan, étant confrontée à la fois à des scènes crues et d’autres plus douces. Son interprétation juste et sentie a valu à l’interprète le prix de la meilleure actrice au Gala Québec Cinéma en 2017.