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Commission de la sécurité publique

Valérie Plante accepte la recommandation de destituer Philippe Pichet

Sarah Daoust-Braun

 - Agence QMI

La mairesse de Montréal Valérie Plante a confirmé mercredi la recommandation de destitution du directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) Philippe Pichet, votée à huis clos par la Commission de la sécurité publique.

«En date d'aujourd’hui, le comité exécutif a accepté la recommandation de la Commission de destituer M. Pichet de son titre», a indiqué mercredi la mairesse, précisant qu’il y avait eu une unanimité chez les membres de la Commission de faire cette recommandation.

Valérie Plante n’a pas voulu préciser les raisons qui ont motivé cette décision, puisqu’il s’agit d’un processus confidentiel qui touche les ressources humaines.

Elle a convenu que cette situation n'est pas souhaitable. «Au final, la responsabilité de la Ville et des autorités, c’est-à-dire de la mairesse et du conseil de ville et d’agglomération, est de s’assurer que le lien de confiance est toujours là, du moins on devait le rétablir. M. Pichet n’a pas réussi à convaincre la Commission de la sécurité publique qu’il avait réussi à le faire dans le cadre de son mandat.»

Le directeur intérimaire du SPVM Martin Prud’homme a déposé la semaine dernière un rapport préliminaire à la lumière duquel le ministère de la Sécurité publique pourrait recommander la destitution de Philippe Pichet. Pour le relever de ce titre, le ministre doit toutefois prendre l’avis du conseil municipal et de la Commission de la sécurité publique, selon la Charte de la Ville de Montréal.

Un avis devrait aussi être formulé au conseil municipal de lundi et au conseil d’agglomération de jeudi prochain.

Suspendu en décembre en marge du rapport Bouchard qui critiquait les pratiques internes au sein du SPVM, Philippe Pichet a fait valoir sa cause lundi devant les membres de la commission.

L'avocat de M. Pichet, Joël Mercier, avait indiqué à la sortie de la rencontre que s’il y avait une décision de destitution, il y aurait un appel de cette décision.

Si le ministre décide de le destituer, M. Pichet resterait superviseur des agents de sécurité de Montréal, selon Valérie Plante. «On ne parle pas de congédiement. Ce n’est pas le mandat qui nous a été donné», a-t-elle soutenu.

Prud’homme resterait-il en poste à la fin de son intérim?

Questionné à savoir s’il accepterait de rester à la direction du SPVM à la fin de son mandat d’un an, si on lui proposait, M. Prud’homme a laissé planer un doute mercredi. «Je vais aller où on me demande d’aller. La police m’intéresse. J’ai accepté de venir au SPVM parce que j’aime le service de police de la Ville de Montréal. J’aime également le service de police de la Sûreté du Québec, mais je tente d’être à la meilleure place pour aider les organisations, c’est pour ça que j'ai décidé de venir.»

M. Prud’homme a confiance que les enquêtes internes au SPVM pourront reprendre d’ici à la fin de son mandat confié par la Ville de Montréal. «C’est mon objectif d’avoir la capacité, d’avoir les employés formés [avant la fin de l’année]», a-t-il dit.

À presque mi-mandat, M. Prud’homme s’est montré satisfait du travail accompli à l’interne jusqu’à maintenant. «Aujourd’hui, en juin, je vois déjà un grand grand grand changement. Les gens sont motivés, les gens ont repris confiance en l’organisation. Je suis vraiment fier de ça.»

«Il faut comprendre que j'ai fait des observations, des constatations. Il y a des choses que j’ai pu changer, il y a des choses qu'on va changer rapidement en 2018. Bien entendu, lorsqu'on parle de climat, il y a des choses qui vont prendre un peu plus de temps.»

Avec la collaboration de Nadia Lemieux

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