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Contre l’avis du Québec

Le gouvernement Trudeau inflexible sur la culture à domicile

Agence QMI

Contre l’avis du Québec, le fédéral maintient la ligne dure sur la culture du cannabis à domicile en rejetant l’amendement du Sénat qui aurait donné aux provinces l’autonomie d’interdire la pratique dans le cadre du projet de loi C-45.

«On reconnait qu’il y a différentes perspectives à travers le pays, mais nous avons fait des études et des décisions par rapport à la culture à domicile», a affirmé le premier ministre canadien, Justin Trudeau, à son arrivée au caucus libéral mercredi matin.

Dans son projet de loi sur la légalisation de la marijuana, Ottawa veut permettre aux citoyens de faire pousser jusqu’à quatre plants de cannabis à la maison, une disposition à laquelle s’opposent le Québec et le Manitoba.

Le Sénat proposait de permettre aux provinces de décider en la matière, mais le gouvernement Trudeau a rejeté cet amendement, comme plusieurs autres des 46 mis de l’avant par la Chambre haute.

M. Trudeau a rappelé mercredi matin que la loi pourrait toujours être révisée, comme prévu, dans trois ans, «pour voir ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas».

Il a d’ailleurs demandé au chef conservateur de cesser de s’opposer systématiquement au projet de loi afin de favoriser une adoption rapide, et éviter un bras de fer avec le Sénat.

«Ça fait des mois qu’Andrew Scheer demande à ses sénateurs conservateurs, qu’il contrôle encore dans son caucus, de bloquer la volonté de la Chambre des communes et les promesses électorales d’un gouvernement élu. II est temps qu’il arrête de jouer à de la politique avec la sécurité des gens», a lancé le premier ministre.

Les députés doivent voter cette semaine sur les amendements et les renvoyer au Sénat. Les sénateurs décideront ensuite s’ils acceptent la volonté du gouvernement ou s’ils exigent de nouvelles modifications.

Chose certaine, le refus du gouvernement a causé une certaine exaspération dans les rangs de l’opposition.

«Si le gouvernement ne veut pas entendre raison après tout le travail qui a été fait, on pourra regarder quels sont nos recours», a laissé planer le député conservateur Alain Rayes, rappelant que même des sénateurs indépendants se sont prononcés pour le respect de la juridiction des provinces.

Pour le chef intérimaire de Québec debout, Rhéal Fortin, Ottawa ne respecte pas le consensus exprimé par l’Assemblée nationale ni les juridictions provinciales. «Malheureusement, ce gouvernement-là, encore une fois, n’entend pas, n’écoute pas, ou écoute sans entendre, et ne veut rien savoir de ce que les provinces pensent, c’est assez triste», a-t-il déploré.

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