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Hochelaga-Maisonneuve

Bientôt un premier quartier sans plastique à Montréal?

Francis Pilon | Agence QMI

Les plaintes d'une petite communauté Facebook d'Hochelaga-Maisonneuve ont convaincu quelques commerces de cet arrondissement à réduire l'emballage des fruits et légumes avec du plastique.

«Hochelaga-Maisonneuve sans plastique», voilà le groupe Facebook, de plus de 360 membres, créé au début de l’année par des citoyens souhaitant contrer la surutilisation des emballages de plastique dans les commerces de leur quartier.

«Des gens commençaient beaucoup à se plaindre sur les réseaux sociaux du suremballage qui n’avait pas de sens dans le quartier et particulièrement à la fruiterie des Jardins Dauphinais située au Marché Maisonneuve. J’en ai donc profité pour créer le groupe à ce moment-là», explique Galadrielle Major-Bessone.

«On voyait plein de suremballages comme des navets ou des patates emballés individuellement, rendus là, c’était des emballages à outrance. Il y avait même des brocolis avec des kilomètres de cellophane. Il fallait faire de quoi pour changer ça dans Hochelaga», ajoute-t-elle.

Jusqu’à maintenant, la pression citoyenne des résidents d’Hochelaga-Maisonneuve a fonctionné sur deux fruiteries qui ont adopté des mesures écologiques en termes d'emballage à la suite de nombreuses plaintes reçues. Quatre autres commerces sont dans la ligne de mire du groupe d'activistes.

Changement de cap

«Chaque jour, les gens se plaignaient dans les derniers mois à ma fruiterie et sur les réseaux sociaux, je ne savais plus comment me sortir de cette impasse-là», avoue Stéphane Allard, propriétaire des Jardins Dauphinais, ciblé pour le suremballage de ces produits.

«On a fini par retirer le plastique de la plupart de nos fruits et légumes. Il a fallu changer de fusil d’épaule et installer en mai dernier un système d’humidification à la place pour conserver les aliments et répondre aux besoins de certains clients.»

M. Allard affirme que ces changements à l’intérieur de sa fruiterie sont normaux et qu’il doit en tant que commerçant s’adapter à l’ère du temps. Par contre, il trouve dommage de modifier ses produits pour quelques individus.

«Je trouve dommage de tout changer pour une minorité de plaintifs, mais j’en sors gagnant. Ça reste que le plus gros défi, c’est de conserver la qualité des aliments parce que l’emballage permet une meilleure conservation des fruits et des légumes», souligne-t-il.

Un bien pour un mal

Selon un des propriétaires de la fruiterie Fruits du Jour, qui a été ciblé par les plaintes du groupe Hochelaga-Maisonneuve sans plastique, enlever l’emballage de ses fruits et légumes est un bien pour un mal.

«On essaye de réduire l’emballage, mais c’est assez compliqué. On doit faire un minimum de ventes et l’emballage permet de nous assurer plus de ventes puisque les gens achètent en paquet. Sans ça, on aurait un chiffre d’affaires bien plus bas», mentionne Serge Nadon.

Le commerçant indique aussi que sans l’emballage, les fruits pourrissent bien plus rapidement et qu’ils se verront dans l’obligation de jeter leurs produits qui ne sont pas vendus dans un court délai.

«Enlever le plastique, ce n’est pas une solution miracle pour nous en ce moment, mais on cherche des alternatives et on reste ouverts. On récupère par exemple les barquettes des clients, mais il va falloir des lois ou de l’aide du gouvernement pour aider à ce problème-là.»